Une révolution dans l'approche des capitaux étrangers
Le Bureau politique vietnamien a publié en 2026 la résolution N°10-NQ/TW, qui réoriente profondément la politique nationale à l'égard du secteur économique à capitaux étrangers. Plutôt que de se limiter à la simple attraction de flux financiers, Hanoi met désormais en avant des critères de qualité : capacité d'absorption, transfert de technologies, insertion dans les chaînes d'approvisionnement internationales et création de valeur ajoutée.
Des objectifs clairs : technologie, vert et autonomie
La nouvelle directive vise explicitement à déclencher des effets positifs durables pour l'économie nationale. Les priorités identifiées sont le développement de projets à forte valeur ajoutée, l'encouragement aux secteurs technologiques et la promotion d'un modèle de croissance plus vert et moins dépendant des importations stratégiques. Hô Chi Minh-Ville est citée comme un des lieux où l'on souhaite concentrer des IDE de haute qualité.
"une composante importante de l'économie nationale"
Contexte récent : des flux en hausse mais des limites persistantes
Le texte intervient alors que le pays enregistre un record historique d'investissements directs étrangers au premier semestre. Toutefois, les autorités veulent aller au-delà des chiffres bruts : de nombreuses entreprises à capitaux étrangers continuent à présenter un faible taux de localisation dans certains secteurs et les liaisons avec les fournisseurs vietnamiens restent souvent insuffisantes. Ces constats expliquent l'accent mis sur l'efficacité et le rendement des implantations étrangères.
Ce que disent les experts
Pour la docteure Pham Bich Ngoc, cheffe adjointe du Département de l'économie microéconomique et du développement des entreprises à l'Institut de l'économie mondiale et du Vietnam, la résolution marque un tournant : elle replace les investissements étrangers comme un instrument au service d'objectifs nationaux (transfert technologique, montée en gamme, création d'emplois durables) plutôt que comme une fin en soi.
- Priorité à la qualité des projets plutôt qu'au volume des capitaux.
- Transfert technologique et intégration aux chaînes mondiales comme critères d'attribution.
- Développement durable et renforcement de l'autonomie économique au cœur de la stratégie.
Conséquences possibles pour l'économie vietnamienne et ses partenaires
Concrètement, la mise en oeuvre de cette résolution pourrait entraîner une sélection plus stricte des projets étrangers, des conditions d'implantation renforcées (exigences de sous-traitance locale, critères d'impact environnemental, plans de transfert de compétences) et une hausse des investissements ciblés sur les industries « intelligentes » et bas carbone. Pour les investisseurs, cela signifie un calendrier d'exigences plus exigeant mais aussi l'accès à un marché de plus en plus positionné sur la qualité et l'innovation.
| Avant la résolution | Après la résolution N°10 |
|---|---|
| Accent sur l'attraction de capitaux | Accent sur l'efficacité et la valeur ajoutée |
| Faible localisation dans certains secteurs | Promotion de liens industriels locaux et transfert de technologie |
Au final, la manœuvre vise à transformer les flux d'IDE en un moteur de montée en gamme économique. Reste à voir comment ces intentions se traduiront en mesures concrètes et en contrôles opérationnels — et si elles permettront au Vietnam de sécuriser une croissance plus autonome et durable.