Un cadre élargi pour activer le Fonds en urgence
La loi sur l'emploi de 2025 apporte des précisions importantes sur le fonctionnement du Fonds d'assurance chômage du Vietnam : selon le nouveau texte, le gouvernement pourra adapter sa réponse (baisse de cotisations, aides directes ou autres formes de soutien) en fonction de la situation économique et du niveau des excédents du Fonds lorsqu'interviendront des crises telles qu'une récession, une catastrophe naturelle, une guerre ou une pandémie.
Un mécanisme construit sur l'expérience de la pandémie
Les modifications s'inspirent des expériences accumulées pendant la pandémie de Covid-19. D'après Tran Tuan Tu, responsable du département de l'assurance chômage à l'Agence pour l'emploi (ministère du Travail), la gestion précédente avait nécessité l'intervention de multiples niveaux institutionnels — y compris le gouvernement et le Premier ministre — pour déployer des mesures exceptionnelles. Le texte de 2025 vise à simplifier et à rendre plus réactive la mobilisation des ressources du Fonds.
Ce que le Fonds a déjà financé pendant la crise sanitaire
Lors de la crise sanitaire, le Fonds disposait d'un excédent d'environ 89 000 milliards de VND et a financé des mesures massives :
- 13 millions de travailleurs ont bénéficié d'une aide ;
- Le total des aides distribuées s'est élevé à environ 32 000 milliards de VND ;
- Les montants unitaires versés variaient entre 1,8 et 3,3 millions de VND par personne, selon les situations ;
- Plus de 346 000 employeurs ont vu leur cotisation abaissée de 1 % à 0 % pendant 12 mois, représentant un coût d'environ 9 200 milliards de VND.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Excédent du Fonds (période Covid) | 89 000 milliards VND |
| Travailleurs soutenus | 13 millions |
| Montant total des aides | 32 000 milliards VND |
| Aide par personne | 1,8–3,3 millions VND |
| Employeurs bénéficiant d'une réduction | 346 000 |
| Coût de la réduction des cotisations | 9 200 milliards VND |
Ce que cela change pour les salariés et les employeurs
La clarification législative vise à garantir une réponse plus rapide et mieux ciblée en cas de choc économique. Pour les salariés, cela signifie une probabilité accrue de recours à des aides directes ou au maintien de revenus lorsque l'activité est interrompue. Pour les entreprises, l'outil peut permettre une baisse temporaire des contributions sociales afin d'alléger la trésorerie et de limiter les licenciements.
Risques et enjeux budgétaires
Reste la question du financement : l'usage renforcé des excédents réduit la marge de manœuvre du Fonds pour l'avenir et oblige à calibrer précisément interventions et conditions d'accès. Les montants engagés pendant la pandémie montrent que le Fonds peut absorber des dépenses considérables, mais des règles claires seront nécessaires pour préserver sa solvabilité tout en offrant une protection efficace en cas de nouvelles crises.
Vers une activation plus automatique "en cas de force majeure"
En rendant plus opérationnel le mécanisme de soutien, la loi de 2025 cherche à transformer le Fonds en un instrument de stabilisation macroéconomique capable de répondre rapidement aux besoins des actifs et des employeurs, sans passer par des procédures institutionnelles longues. L'effet attendu est une réduction du temps de réaction et une meilleure prévention des conséquences sociales des crises.