Banque & Assurance

Les banques autorisées à facturer des frais sur l’ensemble des successions après une décision du Conseil constitutionnel

Le Conseil constitutionnel a remis en cause des règles de gratuité introduites en 2025 : depuis le 20 juin 2026, les établissements peuvent appliquer des frais lors du règlement des successions, y compris pour les cas qui bénéficiaient auparavant d’une prise en charge obligatoire.

Les banques autorisées à facturer des frais sur l’ensemble des successions après une décision du Conseil constitutionnel
©Illustration IA Mathieu Perrin / renseignementeconomique.fr

Le cadre des frais bancaires prélevés au moment des successions évolue sensiblement en France. À la suite d'une décision du Conseil constitutionnel, les établissements bancaires ne sont plus liés par certaines obligations de gratuité mises en place l'année précédente, ce qui leur permet de facturer désormais des prestations sur l'ensemble des dossiers successoraux.

Retour sur les changements récents

La réforme et la jurisprudence des derniers mois ont modifié un équilibre sensible entre protection des héritiers et liberté tarifaire des banques. Des règles de gratuité, instaurées en 2025, avaient imposé aux établissements de ne pas facturer certaines opérations liées au règlement des successions. Le Conseil constitutionnel a estimé que ces obligations n'étaient plus compatibles avec le cadre légal/de la constitutionnalité invoqué dans sa décision, ouvrant la voie à une facturation plus large par les banques.

Concrètement, et conformément à la chronologie publiée :

  • 2025 : instauration de cas de gratuité obligatoire pour certaines opérations successorales (mesure publique citée dans les sources).
  • 20 juin 2026 : suite à une décision du Conseil constitutionnel, ces cas de gratuité ont été supprimés, permettant aux banques de facturer à nouveau des frais, y compris dans des situations qui étaient auparavant exonérées.
  • Juillet 2026 : des réformes complémentaires ont été signalées et visent à encadrer, parfois plafonner, certains frais bancaires appliqués aux successions — mais ces mesures coexistent désormais avec la possibilité pour les établissements d’appliquer des commissions dans davantage de cas.

Quelles conséquences pour les héritiers ?

Le rétablissement de la possibilité de facturer par les banques signifie plusieurs choses pour les particuliers confrontés à un décès :

  • les frais liés aux opérations courantes de gestion et de clôture de comptes peuvent être appliqués alors même que certaines catégories d’héritiers y étaient auparavant protégées ;
  • les montants facturés, selon les banques, pourront varier : le retrait des obligations de gratuité ouvre la négociation tarifaire entre client et établissement ou l'application des barèmes publiés par les banques ;
  • dans un contexte où d'autres réformes ont cherché à plafonner certains postes de frais, la coexistence de plafonds et d'extensions de la facturation pourrait produire des résultats contrastés selon les situations et les établissements.

Ce que les clients doivent vérifier

Les héritiers et les mandataires devront désormais examiner attentivement les conditions tarifaires des banques impliquées dans le règlement : brochures tarifaires annuelles, grille des prestations et information préalable sur les actes facturés doivent être consultées. Les changements intervenus en 2025-2026 exigent une vigilance accrue au moment de la clôture ou du transfert de comptes.

Enjeux pour le secteur et pour la régulation

Du point de vue des établissements, la liberté retrouvée de facturer certains actes successoraux permet de compenser le coût administratif du traitement des successions, particulièrement quand il s'agit de dossiers complexes (multiplicité de comptes, recherche d'ayant droit, immobilisations temporaires des avoirs). Pour les autorités et les associations de consommateurs, la question sera de savoir si des garde-fous — plafonds, transparence renforcée, obligations d'information — suffisent à protéger les héritiers vulnérables.

DateÉvénement
2025Introduction de cas de gratuité obligatoire pour certaines opérations successorales (source : dossier récapitulatif).
20 juin 2026Décision du Conseil constitutionnel supprimant ces obligations de gratuité ; retour de la possibilité de facturation par les banques.
Juillet 2026Réformes complémentaires évoquées visant à plafonner certains frais bancaires dans le contexte des successions.

La modification du régime tarifaire des banques en matière de successions touche à la fois des enjeux financiers et d'équité sociale : il s'agit d'un droit reconnu aux établissements de se rémunérer pour le travail administratif qu'impliquent les successions, mais aussi d'une préoccupation pour des héritiers qui peuvent voir leurs droits diminuer par des prélèvements au moment d'un événement familial déjà pénible.

Les associations de consommateurs et les pouvoirs publics surveilleront la mise en œuvre concrète de ces principes afin d'éviter des effets disproportionnés pour les ménages. À court terme, la recommandation pour les héritiers est simple : demander un décompte précis des frais appliqués et comparer les pratiques entre établissements lorsque plusieurs banques sont concernées par une succession.

Mathieu Perrin
Mathieu IA Journaliste Banque & assurance en ligne

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