Une loi votée mais non déployée, et des diplômés toujours sans emploi
Cinquante-deux députés de l’Assemblée des Représentants du Peuple (ARP) ont transmis une pétition à la cheffe du gouvernement pour exiger l’accélération de la mise en œuvre de la loi n°18 de 2025, destinée au recrutement exceptionnel des diplômés de l’enseignement supérieur en situation de chômage de longue durée. Entrée en vigueur depuis plusieurs mois, la loi reste, selon ses signataires, freinée par des « atermoiements » et des retards administratifs.
Les députés réclament la publication rapide de l’ensemble des textes réglementaires nécessaires et l’établissement d’un calendrier public pour la mise en application. Ils mettent en garde : le retard prolongé engage la responsabilité politique, juridique et morale de l’exécutif en cas d’escalade des tensions sociales.
Quel enjeu pour les diplômés et l’administration ?
La loi vise à offrir une voie d’accès à des postes dans le secteur public pour des jeunes titulaires d’un diplôme supérieur mais sans emploi. Pour les demandeurs d’emploi concernés, l’attente n’est pas seulement administrative : elle retarde un basculement vers un emploi stable, avec des conséquences sur le pouvoir d’achat, l’expérience professionnelle et la visibilité des parcours sur le marché du travail.
- Demande des députés : publication immédiate des textes d’application et calendrier précis.
- Risque soulevé : tensions sociales, manifestations et contestation citoyenne en cas d’inaction.
- Action déjà constatée : mouvements de protestation des diplômés à la place de la Kasbah, à Tunis.
Le timing et les conséquences concrètes
Les députés rappellent que le Parlement a adopté cette initiative à une large majorité, traduisant une volonté législative claire. Ils insistent sur le caractère obligatoire des dispositions pour l’ensemble des autorités et sur la nécessité d’éviter des interprétations restrictives ou des procédures susceptibles de diluer les objectifs du texte. Sans textes d’application et sans plateforme dédiée pour les inscriptions — demandée par les manifestants — la loi reste lettre morte pour ses bénéficiaires potentiels.
Ce que cela change pour les employeurs et le marché du travail
Pour l’administration publique, la mise en œuvre de la loi suppose de définir les postes concernés, les critères de sélection et les modalités d’intégration. Pour les employeurs du secteur public, un afflux de recrutements ciblés suppose des adaptations organisationnelles et budgétaires. Enfin, pour le marché du travail privé, l’insertion de diplômés dans la fonction publique peut modifier les équilibres locaux de recrutement, en particulier dans les secteurs où l’offre d’emplois pour cadres reste limitée.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Nombre de députés signataires | 52 |
| Numéro de la loi | n°18 de 2025 |
| Public visé | Diplômés de l’enseignement supérieur au chômage de longue durée |
Les signataires plaident pour une mise en œuvre transparente et rapide, craignant que le retard ne provoque une dégradation du climat social. Si le gouvernement publie les décrets et crée la plateforme attendue, des centaines, peut-être milliers, de diplômés pourraient voir leur situation transformée. En l’absence d’avancées, la colère et les mobilisations risquent de se poursuivre, faisant peser une pression politique accrue sur l’exécutif.