Un marché global devenu incontournable
Le marché mondial des énergies renouvelables vient de franchir un seuil symbolique : plus de 10 000 milliards de dollars, selon le rapport 2026 du London Stock Exchange Group (LSEG). Si l’on agrégeait l’ensemble des activités « vertes » des sociétés cotées, ces dernières formeraient désormais la troisième plus grande industrie mondiale, derrière la technologie et les biens et services industriels.
Des signaux financiers clairs
Le rapport, qui a analysé plus de 21 000 entreprises cotées en mesurant la part de leur chiffre d’affaires liée aux activités vertes, met en lumière plusieurs tendances : la part des revenus verts a augmenté de 5,3 % en 2025, rythme le plus soutenu depuis 2022 ; les actions qualifiées de « vertes » ont surperformé le marché de 12,4 % sur les 12 derniers mois ; et, depuis 2008, elles ont dépassé les actions mondiales de 133 %.
Rentabilité et sécurité énergétique
Autre enseignement important : les entreprises tirant plus de la moitié de leur chiffre d’affaires d’activités « vertes » affichent des marges bénéficiaires supérieures de 2 à 4 points de pourcentage par rapport à leurs homologues non « verts ». Cette observation remet en question l’idée reçue selon laquelle la transition se ferait nécessairement au détriment de la rentabilité.
Ce que cela signifie pour la France
Sur le plan national, le basculement observé sur les marchés mondiaux a deux conséquences concrètes. D’une part, il accroît l’attractivité des projets renouvelables pour les investisseurs internationaux et renforce les arguments en faveur de politiques publiques proactives : subventions ciblées, simplification des procédures d’autorisation, développement des réseaux électriques. D’autre part, une montée en puissance industrielle des filières renouvelables peut jouer sur les prix de l’électricité à long terme, en diversifiant les approvisionnements et en réduisant l’exposition aux chocs pétroliers et gaziers.
- Investissements : un marché de 10 000 milliards attire des capitaux qui peuvent financer solaire, éolien, stockage et réseaux intelligents.
- Compétitivité industrielle : des marges supérieures ouvrent des marges de manœuvre pour l’industrialisation en France.
- Facture des consommateurs : la concurrence entre technologies et la maîtrise des coûts opérationnels peuvent, sur le long terme, limiter la volatilité des prix de l’électricité.
Données clés
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Valeur totale estimée du marché | 10 000 milliards de $ |
| Entreprises analysées | 21 000 |
| Croissance des revenus verts en 2025 | +5,3 % |
| Surperformance actions vertes (12 mois) | +12,4 % |
| Surperformance depuis 2008 | +133 % |
| Differentiel de marge | +2 à 4 points |
Le rapport du LSEG documente ainsi un mouvement qui dépasse la seule question climatique : la sécurité énergétique — exacerbée par les récents chocs pétroliers et gaziers — et la hausse structurelle de la demande d’électricité pèsent désormais autant que les objectifs climatiques dans la logique d’investissement. Pour la France, qui s’est engagée sur des objectifs de développement massif des renouvelables, ces éléments renforcent l’intérêt d’accélérer le déploiement industriel et d’adapter les politiques publiques aux nouvelles dynamiques du marché mondial.
À court terme, les effets sur la facture des ménages dépendront toutefois encore des choix de régulation, des coûts de réseau et des contrats d’achat d’électricité ; mais à moyen terme, la combinaison d’investissements, d’innovations et d’intégration industrielle pourrait contenir la volatilité des prix et renforcer l’autonomie énergétique.