La communication s'installe au cœur des stratégies
La place occupée par la communication et les relations publiques au Maroc change d'échelle. Longtemps cantonnée à un rôle d'appoint, cette fonction est désormais pensée comme un levier de gouvernance : gestion de la réputation, communication de crise, influence institutionnelle et stratégie de marque rentrent au menu des comités exécutifs des grandes organisations.
Des profils variés révélés par l'Africa PR Week
Lors de la dernière édition de l'Africa PR Week, dix professionnelles ont été soulignées comme des actrices majeures de la communication au Maroc. Ces lauréates proviennent d'univers divers — grands groupes industriels, opérateurs de télécoms, institutions publiques, universités et agences — ce qui témoigne de la diffusion transversale des enjeux de réputation et d'influence.
Qui sont-elles et quels rôles tiennent-elles ?
Parmi les profils cités figurent des dirigeantes déjà visibles dans le paysage marocain :
- Ghita Benazzouz : directrice de la communication et de la marque chez OCP Africa, responsable de la stratégie d'image sur plusieurs marchés africains.
- Fatime-Zohra Outaghani : fondatrice et CEO de DPR Group, agence qui a organisé la première édition de Women in Africa Morocco (WAM Morocco) à Casablanca.
- Nawal Houti : dirige Brand Factory, une structure axée sur la communication d'influence et la gestion de réputation.
- Khadija Idrissi Janati : CEO de Tn’Koffee, spécialisée dans les relations médias et les stratégies d'image.
- Nadia Rahim Guérin : citée comme exemple du positionnement stratégique des directions de la communication au sein des grandes entreprises.
| Nom | Fonction | Structure |
|---|---|---|
| Ghita Benazzouz | Directrice communication et marque | OCP Africa |
| Fatime-Zohra Outaghani | Fondatrice & CEO | DPR Group |
| Nawal Houti | Dirigeante | Brand Factory |
| Khadija Idrissi Janati | CEO | Tn’Koffee |
Conséquences pour le marché et les agences
Cette reconnaissance marque plusieurs tendances : d'une part, la professionnalisation accélérée des métiers de la communication au Maroc ; d'autre part, l'élévation des pratiques vers des enjeux stratégiques (affaires publiques, réputation multi-marchés, gouvernance de crise). Pour les agences, cela se traduit par une plus grande demande de services de conseil stratégique et d'accompagnement de dirigeants, au-delà des actions purement médiatiques.
Enfin, l'émergence et la visibilité de ces dirigeantes féminines ont un effet d'entraînement : elles jouent un rôle de modèle, structurent des réseaux professionnels et contribuent à des événements continentaux qui positionnent le Maroc comme une plateforme de convergence pour les pratiques de communication en Afrique francophone.
Points de vigilance
- La montée en puissance des directions de la communication exige une montée en compétence sur la gestion des risques réputationnels transnationaux.
- Les agences doivent aligner leurs offres sur des besoins de conseil stratégique, intégrant data, lobbying et gestion de crise.
- La reconnaissance publique des profils n'élimine pas les défis structurels : accès aux talents, formation spécialisée et diversité sectorielle restent des chantiers.