Jakarta — Le directeur exécutif du Centre for Economic and Law Studies (Celios), Bhima Yudhistira, estime que la transformation de l'industrie vers des modèles plus vertueux nécessite davantage que des règles et des campagnes : elle réclame des incitations ciblées pour permettre aux petites et moyennes entreprises industrielles (PME/IKM) d'opérer la transition.
Des aides financières et fiscales pour lever les freins
Selon Celios, l'État doit proposer un panel d'instruments concrets pour faciliter les investissements des PME dans des équipements moins consommateurs d'énergie et dans des processus plus propres. Le centre cite plusieurs leviers : financement à taux préférentiels, prise en charge partielle des coûts de certification verte et incitations fiscales pour les entreprises réduisant effectivement leurs émissions et leurs déchets.
« Par conséquent, l’approche ne peut pas se limiter à la régulation ou à la campagne, mais doit être suivie d’incitatifs ciblés. »
Enjeux pour l'emploi et l'export
Celios rappelle le rôle stratégique des IKM dans une industrie à la fois dense en travail et potentiellement exportatrice. Les petites unités manufacturières, actives dans l'agroalimentaire, les boissons ou les composants automobiles à faible carbone, peuvent contribuer à l'insertion dans des chaînes d'approvisionnement internationales, à condition d'être soutenues pour respecter des standards environnementaux et de qualité.
- Soutien financier : prêts bonifiés pour moderniser les équipements.
- Allègements fiscaux : pour récompenser la réduction des émissions et des déchets.
- Accompagnement technique : formation à l'efficacité énergétique et à la gestion des déchets.
- Appui à la certification : prise en charge partielle des coûts de labellisation verte.
Capacités humaines et numérique
Outre le financement, Bhima insiste sur la nécessité d'un renforcement des compétences : beaucoup d'entrepreneurs ignorent encore comment mesurer l'efficacité énergétique, optimiser la gestion des déchets ou appliquer les principes de l'économie circulaire. Celios voit également un potentiel important dans l'usage des technologies digitales et de l'intelligence artificielle pour améliorer l'usage de l'énergie et des matières premières.
Conséquences pour les politiques publiques
Les propositions de Celios invitent les pouvoirs publics à combiner normes et incitations, afin d'éviter que la transition ne devienne un coût prohibitf pour les petites entreprises. Un mélange d'aides financières, de dispositifs de formation et de mesures visant à intégrer davantage les produits verts des PME dans les marchés publics pourrait faciliter leur montée en gamme et renforcer leur compétitivité à l'export.
| Instrument proposé | Objectif |
|---|---|
| Financement à taux réduit | Moderniser les machines pour réduire la consommation d'énergie |
| Soutien à la certification | Diminuer la barrière financière aux labels verts |
| Incitations fiscales | Récompenser la réduction des émissions et des déchets |
En synthèse, Celios pose un diagnostic simple mais exigeant : la régulation seule ne suffira pas. Pour que les PME industrielles deviennent des acteurs crédibles de l'industrie verte, il faudra des mesures ciblées, financières et formatives, permettant d'allier création d'emplois, réduction des impacts environnementaux et accès aux chaînes d'approvisionnement mondiales.