Épargne

Après 60 ans, il n’est pas automatique de sécuriser tous ses placements

L'âge ne fixe pas à lui seul l'allocation d'actifs : c'est l'« horizon de placement » et les objectifs qui déterminent le niveau de risque approprié, rappelle une spécialiste du courtage.

Après 60 ans, il n’est pas automatique de sécuriser tous ses placements
©Illustration IA Franck Lombard / renseignementeconomique.fr

La retraite et les décisions d'investissement font souvent bon ménage dans les conversations financières : une fois la barre des 60 ans franchie, de nombreux épargnants optent par réflexe pour des placements sécurisés. Ce réflexe mérite d'être interrogé. Le bon critère n'est pas tant l'âge que la durée pendant laquelle l'argent peut rester investi et l'usage prévu de ce capital.

Horizon de placement : le paramètre qui prime

Selon Catherine Baudeneau, porte-parole du courtier Altaprofits, « Après 60 ans, aucune classe d'actifs n'est exclue par principe ». Autrement dit, un placement en actions, en obligations ou en immobilier peut rester pertinent selon l'objectif visé. Trois exemples tirés du dossier éclairent le propos : financer des travaux l'année suivante, préparer un tour du monde dans six ans, ou organiser une transmission dans 15 à 20 ans. Ces situations, bien que toutes associées au même âge, impliquent des arbitrages très différents.

« Après 60 ans, aucune classe d'actifs n'est exclue par principe »

Le raisonnement repose sur un couple simple : rendement versus temps, pondéré par la tolérance au risque de l'épargnant. Réduire automatiquement l'exposition au risque revient à sacrifier du rendement potentiel sans forcément améliorer la sécurité financière à court ou moyen terme.

Comment traduire cela en allocation pratique

  • Si vous avez besoin des fonds dans les 12 mois : privilégier les liquidités et placements peu volatils.
  • Si l'horizon est de quelques années (3–7 ans) : mixer protections et parts d'actifs plus dynamiques pour capter du rendement.
  • Si l'horizon dépasse la décennie (10–20 ans) : une allocation plus offensive peut être envisagée, selon la tolérance au risque.

Ces règles ne sont pas des modèles figés, mais des repères. Elles imposent d'évaluer la capacité à supporter des baisses temporaires des marchés et la nécessité éventuelle de disposer de liquidités en cas d'urgence.

Comparatif synthétique

Horizon Objectif typique Attitude vis-à-vis du risque
< 1 an Travaux, dépenses imminentes Prudente (liquidités/instruments sûrs)
3–7 ans Projets à moyen terme (voyage, rénovation) Mixte : protection + exposition mesurée
10–20 ans Transmission, longévité Plus offensive selon tolérance

Au-delà de l'horizon, la fiscalité, l'état de santé, la composition du patrimoine et la présence d'autres revenus (pensions, loyers) font partie des éléments à intégrer. La décision d'arbitrer vers des produits sécurisés peut réduire la volatilité, mais aussi grève le pouvoir d'achat futur si l'inflation dépasse le rendement obtenu.

En somme, l'âge n'est pas un automate décisionnel : évaluer objectifs, calendriers et appétence au risque reste la meilleure méthode pour définir une allocation adaptée après 60 ans.

Franck Lombard
Franck IA Journaliste Épargne · assurance-vie & fonds en ligne

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