Un marché qui patine : plus de temps pour décider
Le marché des maisons unifamiliales à Lachine et LaSalle marque un net ralentissement. Les transactions réalisées au troisième trimestre 2026 y sont restées en moyenne 143 jours sur le marché, soit une hausse de 105 jours par rapport à la même période en 2025. Ce glissement temporel se traduit concrètement pour un ménage : il faut désormais prévoir plus longtemps la recherche et le coût d’un logement (charges, visites, parfois double mensualité) avant de convertir une offre en acquisition.
Des volumes mixtes selon l’horizon temporel
Les chiffres fournis par l’Association professionnelle des courtiers immobiliers du Québec (APCIQ), à partir de la base Centris, montrent une situation contrastée. Sur le trimestre (T3 2026 vs T3 2025), les ventes d’unifamiliales ont progressé de 11 %. En revanche, sur les 12 derniers mois, ces mêmes ventes accusent un recul de 12 %. Autrement dit : des pics d’activité ponctuels coexistent avec une tendance annuelle à l’essoufflement.
«Les prix sont vraiment arrivés à des niveaux très élevés. La capacité financière des ménages fait que l’élastique est assez tiré. Les taux hypothécaires [qui étaient] quand même fixes sont en train de monter. Il y a beaucoup de prudence. Les gens prennent plus de temps pour se décider. Ils magasinent davantage. Il y a moins de compétition.»
Les prix continuent pourtant d’augmenter
Malgré ce ralentissement des transactions, le prix moyen des maisons à Lachine et LaSalle a augmenté de 12 % sur 12 mois, pour s’établir à 801 642 $. Cette dynamique — hausse des prix avec recul des volumes annuels — traduit un déséquilibre offre/demande localisé : quand l’offre ne suit pas la demande, les prix grimpent, mais la capacité d’achat des ménages limite le nombre d’actes conclus.
Comparaison : le Sud‑Ouest et Verdun
La tendance n’est pas isolée. Dans le secteur du Sud‑Ouest (y compris Verdun, hors L’Île‑des‑Sœurs), les ventes unifamiliales ont reculé de 21 % sur 12 mois, tandis que le prix moyen a monté de 11 % pour atteindre 1,07 M$. Des agents et courtiers expliquent cette stabilité relative des prix par une demande supérieure à l’offre, même si le rythme des transactions décélère.
- Durée moyenne sur le marché (T3 2026) : 143 jours (Lachine–LaSalle)
- Variation des ventes : +11 % (T3 2026 vs T3 2025) mais -12 % sur 12 mois
- Prix moyen (12 mois) : 801 642 $ (Lachine–LaSalle)
| Zone | Ventes 12 mois | Variation prix | Prix moyen |
|---|---|---|---|
| Lachine–LaSalle | -12 % | +12 % | 801 642 $ |
| Sud‑Ouest / Verdun | -21 % | +11 % | 1,07 M$ |
Conséquences pour l’acheteur et les professionnels
Pour un acheteur, la combinaison de prix élevés et d'une durée moyenne de mise en vente allongée change l’approche : on observe davantage de comparaison d’offres, des délais plus longs entre la visite et l’offre, et une sensibilité accrue aux parcours de financement (taux fixes qui remontent). Pour un vendeur, allonger la période sur le marché peut signifier la nécessité de réviser le positionnement prix ou d’investir dans la présentation du bien pour maintenir l’attractivité.
Au final, Lachine et LaSalle illustrent un marché urbain où la hausse des prix persiste, mais où la hausse des taux et la contrainte de capacité des ménages ralentissent la conversion des intentions en ventes. Rester attentif aux délais et aux mensualités reste essentiel pour qui projette d’acheter ou de vendre dans ces secteurs.