Un diagnostic clair : la France et ses PME en zone de turbulence
Dans un entretien portant sur le climat économique actuel, Alain Di Crescenzo, président de CCI France, dresse un constat sans ambiguïté : le tissu des petites et moyennes entreprises traverse une période de forte tension. Sur la base des observations récentes, le premier trimestre (Q1) apparaît négatif lorsque l'on neutralise l'effet d'un surstockage lié aux tensions d'approvisionnement.
La conséquence majeure de cette dégradation conjoncturelle est, selon lui, l'entrée effective de l'économie dans une phase que l'on peut qualifier de récession. «
On est donc en réalité dans une situation de récession.»
Des chiffres qui pèsent sur le quotidien des entreprises
Au-delà du diagnostic sur la croissance, le président des CCI met en lumière des indicateurs plus concrets pour les entreprises : une progression de 20 % des défaillances d'entreprises en 2025 par rapport à 2024, et un moral des entrepreneurs en mai 2026 qui retrouve des niveaux proches de ceux observés pendant la crise Covid. Ces éléments traduisent une fragilité du tissu productif qui n'est pas seulement sectorielle mais structurelle.
- Q1 négatif une fois l'effet de surstockage neutralisé.
- +20 % de défaillances en 2025.
- Moral des entrepreneurs au plus bas en mai 2026.
Conséquences pour les salariés et les dirigeants
Pour les salariés, l'augmentation des défaillances se traduit par un risque accru d'emplois perdus, de réductions d'effectifs ou de gel des projets d'investissement. Pour les dirigeants de TPE/PME, la combinaison d'une demande atone, de coûts potentiellement plus élevés et de conditions financières moins favorables accroît les tensions sur la trésorerie et complique les transmissions d'entreprises.
Le rôle des CCI : accompagner, prévenir, alerter
Face à ce contexte, les Chambres de commerce et d'industrie rappellent leur rôle d'accompagnement tout au long du cycle de vie des entreprises : de la création à la transmission. Alain Di Crescenzo insiste sur la nécessité d'un soutien opérationnel renforcé et d'une réaction publique plus rapide et ambitieuse pour répondre aux défis identifiés (transmission, décarbonation, adoption de nouvelles technologies, gestion des tensions financières).
Si le constat dressé est sans concession, il sert aussi d'appel à la mobilisation : mieux informer les dirigeants, faciliter l'accès aux dispositifs d'aide et multiplier les actions de prévention des défaillances sont, selon les CCI, des leviers indispensables pour limiter l'impact social et économique de cette période difficile.
Ce que cela signifie pour l'économie nationale
Une récession encadrée par des chiffres concrets chez les PME pèse sur la croissance globale et sur la résilience du modèle productif français. Les petites et moyennes entreprises représentent une part essentielle de l'emploi et de l'innovation : leur fragilisation durable risque d'aggraver le ralentissement économique si les mesures d'accompagnement et les politiques publiques ne suivent pas le tempo des difficultés.