Prix alimentaires : des baisses nombreuses, mais les viandes tirent la facture vers le haut
Une nouvelle analyse du laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l'Université Dalhousie livre un constat contrasté : si 30 catégories sur 50 ont vu leur prix baisser entre juin et juillet 2026, certaines hausses ciblées — principalement sur les protéines — ont suffi à renchérir le coût total du panier d'épicerie.
Selon l'étude, 62,3% des observations appariées en magasin n'ont pas évolué sur la période. Pourtant, la progression des prix de la viande et du poisson atteint +6,5% en un mois, un mouvement fort qui pèse directement sur les dépenses alimentaires des ménages.
«Le bœuf haché, c’est une situation unique au Québec. Il est en hausse de 18%. Je pense que c’est lié aux vacances de la construction»,
explique Sylvain Charlebois, professeur en agroalimentaire à l'Université Dalhousie, cité dans le rapport. Le témoignage d'un boucher, également relayé par le média, illustre le phénomène : un onglet de bœuf serait passé d'environ 20$ à 28$ en trois semaines, soit une hausse d'environ +70% selon son estimation.
Des produits très touchés — et d'autres qui s'allègent
Les hausses les plus nettes concernent notamment :
- bacon : +28,9%
- saumon de l’Atlantique : +25,8%
- côtelettes de longe de porc : +24,2%
- bœuf haché (Québec) : +18%
À l'inverse, certains produits voient leur prix reculer, allégeant partiellement la note : par exemple la poitrine de poulet affiche une baisse de 26,7%, et le brocoli a chuté de 23,9%, rendant ces produits plus compétitifs en magasin.
| Produit | Variation (juin→juillet 2026) |
|---|---|
| Bacon | +28,9% |
| Saumon de l’Atlantique | +25,8% |
| Côtelettes de longe de porc | +24,2% |
| Bœuf haché (Québec) | +18% |
| Poitrine de poulet | -26,7% |
| Brocoli | -23,9% |
Où l'impact est le plus fort ?
L'étude pointe des disparités géographiques : les prix du panier d'épicerie ont le plus augmenté à Montréal (+4,2%) et à Québec (+6,1%) sur la période. Les explications avancées combinent des effets saisonniers et des facteurs locaux de demande. M. Charlebois évoque un effet de «rattrapage» après des mois où la tendance était inverse.
Ce que cela signifie pour les ménages
Pour un foyer, ces variations ciblées peuvent modifier sensiblement la facture hebdomadaire : si certains légumes et morceaux de volaille deviennent moins chers, la hausse des coupes de viande et des poissons gras — souvent privilégiés pour des repas familiaux ou des barbecues — peut augmenter la dépense alimentaire globale. Le cas rapporté de l'onglet passant de 20$ à 28$ en trois semaines montre comment une seule hausse de produit populaire peut se traduire par plusieurs euros (ou dollars) de plus à la caisse lors d'une course.
- Pour les consommateurs : regarder les promotions et diversifier les sources de protéines (poulet, légumineuses, poissons moins chers) peut limiter l'impact.
- Pour les distributeurs : ces mouvements appellent à plus de transparence sur l'origine des hausses et sur les marges appliquées.
- Pour les décideurs : suivre ces signaux est essentiel pour mesurer l'inflation alimentaire au niveau national et adapter les aides si nécessaire.
En définitive, la photographie fournie par Dalhousie montre un marché alimentaire en mouvement : de larges reculs de prix cohabitent avec des flambées touchant des produits stratégiques. Ce mélange rend l'évolution du pouvoir d'achat alimentaire difficile à appréhender pour les ménages sans un examen ligne par ligne de leur panier de courses.