Des taux encore en hausse au deuxième trimestre, mais des banques prudentes
Le dernier baromètre de l'observatoire Crédit Logement-CSA constate une légère mais nette progression des coûts du crédit immobilier sur le deuxième trimestre 2026. Le taux moyen toutes durées est passé de 3,22% à 3,24% ; un mouvement modéré qui traduit l'arbitrage des établissements entre protection des fonds propres et maintien de la demande.
Face à cet environnement, les banques continuent d'aligner des durées d'emprunt élevées pour contenir l'effort mensuel des ménages. L'observatoire relève une durée moyenne de 251 mois (soit 20 ans et 11 mois), soit 6 mois de plus sur un an — le plus haut jamais observé dans leurs séries.
Ce que montrent les taux par durée
| Durée | Taux moyen en juin 2026 | Taux moyen en mai 2026 |
|---|---|---|
| 15 ans | 3,12% | 3,12% |
| 20 ans | 3,22% | 3,34% |
| 25 ans | 3,30% | 3,37% |
Pourquoi la hausse se poursuit
L'étude met en avant plusieurs facteurs : la stabilité apparente des taux de refinancement de la BCE depuis juin 2025 n'a pas empêché les banques de renforcer leurs ratios de fonds propres, ce qui pèse sur le prix du crédit. Dans ce contexte, les établissements ont relevé légèrement leurs taux tout en évitant des hausses brutales pour préserver la demande des ménages fragilisés par la hausse des prix et l'érosion du pouvoir d'achat.
« Les établissements bancaires ont ainsi préservé la demande de ménages déstabilisés par les pertes de pouvoir d'achat et un climat politico-économique particulièrement anxiogène. »
Impacts concrets pour les emprunteurs et le marché
Concrètement, une hausse même limitée des taux modifie l'équation d'achat : pour maintenir une mensualité identique, un acheteur devra soit réduire le capital emprunté (et donc la surface ou le secteur visé), soit allonger la durée du prêt — ce que matérialise la montée déjà observée de la durée moyenne à 251 mois. Pour les ménages, chaque dixième de point compte : il peut représenter plusieurs dizaines d'euros par mois selon le montant emprunté.
- Stabilité attendue en juillet mais risque de remontée en septembre en cas de tensions sur les marchés obligataires.
- Allongement des durées comme réponse des banques pour soutenir l'accession malgré la hausse des coûts.
- Demande maintenue grâce à des hausses modérées, mais la fragilité des revenus reste un frein.
Pour les candidats à l'achat, la période exige de chiffrer précisément l'effet d'une variation de taux sur la mensualité et de comparer, au-delà du taux nominal, les offres en intégrant l'assurance et les frais annexes. Pour le marché global, la tendance est claire : une hausse progressive des prix du crédit, couplée à des durées records, redessine les capacités d'achat des Français en 2026.