Un cycle en deux temps dans un environnement mondial heurté
Le Budget économique exploratoire 2027 projette pour le Maroc une croissance de 4,8 % en 2026, avant un ralentissement à 3 % en 2027. Ces perspectives s’inscrivent dans un contexte international décrit comme incertain, marqué par des tensions géopolitiques au Moyen-Orient, un renchérissement des matières premières et un essoufflement de l’activité mondiale, attendu à 3 % en 2026 avec une légère reprise à 3,4 % en 2027. Pour les acteurs économiques français exposés à la région, ce profil cyclique conditionne la demande locale, le rythme des chantiers et la dynamique d’import-export.
Agriculture: rattrapage marqué puis normalisation
La séquence 2026 est dominée par un net rattrapage agricole. Le document prévoit une campagne 2025‑2026 « particulièrement favorable », avec une production céréalière proche de 90 millions de quintaux. Mécaniquement, la valeur ajoutée agricole progresserait de 19,1 % en 2026. Cet effet s’amenuiserait l’année suivante, sous l’hypothèse d’une récolte moyenne, avec un recul attendu de 6,8 % en 2027. L’onde de choc se diffuse à la consommation des ménages via les revenus ruraux et aux prix des intrants agroalimentaires.
Moteurs domestiques: consommation et investissement
La croissance reste tirée par le marché intérieur. La consommation des ménages augmenterait de 4,4 % en 2026, soutenue par la hausse des revenus agricoles, des revalorisations salariales, les transferts des Marocains résidant à l’étranger et la poursuite des aides sociales. Côté formation de capital, l’investissement brut progresserait de 9,5 % en 2026, puis de 4,8 % en 2027, sur la base de grands chantiers d’infrastructure et du maintien de l’effort public. Cette vigueur de la demande intérieure ouvre des perspectives pour les fournisseurs de biens d’équipement et de services, y compris européens.
Hors agriculture: montée en puissance des activités
Les activités non agricoles conserveraient un cap favorable. Après une progression de 3 % en 2026, elles accéléreraient à 4 % en 2027, portées par l’industrie, les services et les grands projets d’investissement. Les préparatifs de la Coupe du monde 2030 continueraient d’alimenter la construction, le transport, la logistique, le tourisme et l’hébergement. Pour les entreprises étrangères, l’alignement sur ces filières constitue un vecteur d’accès à la demande locale et à des marchés connexes.
Commerce extérieur et finances publiques: vigilance de mise
Les échanges extérieurs du Maroc évoluent dans un environnement décrit comme difficile, avec une demande mondiale moins dynamique. Le cadrage mentionne par ailleurs une consolidation des finances publiques. Dans ce contexte, la robustesse de la demande intérieure fait office d’amortisseur, tandis que la compétitivité à l’export reste exposée aux à‑coups des prix des matières premières et au cycle mondial.
Ce que cela signifie pour l’économie française
- Un cycle 2026 porteur pour les fournisseurs et prestataires tournés vers l’agro‑industrie, l’équipement et les services liés aux grands projets.
- Une normalisation en 2027 qui incite à privilégier les activités non agricoles et les chaînes de valeur dans l’industrie, les services et les infrastructures.
- Une attention à maintenir sur les coûts des intrants et la demande mondiale, facteurs de risque pointés dans le cadrage.
Les repères chiffrés du cadrage
| Indicateur | 2026 | 2027 |
|---|---|---|
| Croissance du PIB (Maroc) | 4,8 % | 3 % |
| Valeur ajoutée agricole | +19,1 % | -6,8 % |
| Activités non agricoles | 3 % | 4 % |
| Consommation des ménages | +4,4 % | n.d. |
| Investissement brut | +9,5 % | +4,8 % |
| Croissance mondiale | 3 % | 3,4 % |
Le scénario décrit une économie marocaine en reprise vigoureuse à court terme, relayée par les secteurs non agricoles et l’investissement, avant un retour vers une trajectoire plus tempérée. Un signal lisible pour les partenaires qui calibrent leurs plans sur la demande intérieure du pays et l’échéancier des projets structurants.