Un CPP long terme pour ancrer la transition économique
Le groupe Banque mondiale et le Maroc ont dévoilé à Rabat leur Cadre de partenariat-pays (CPP/CPF) 2026-2035, visant à orienter une décennie d'interventions conjuguées autour de la création d'emplois et du renforcement du secteur privé. Présenté par Ahmadou Moustapha Ndiaye, directeur de division pour le Maghreb et Malte, et David Tinel, représentant régional de l'IFC, ce CPP se veut un outil calibré pour accompagner le Royaume dans sa prochaine phase de développement.
Ce cadre se distingue par une logique d'appui aux priorités nationales et par une volonté d'être plus sélectif et axé sur les résultats. L'objectif affiché est de combiner financements, expertise technique et mobilisation de capitaux privés pour soutenir des projets à fort impact économique et social.
«La Banque mondiale ne définit pas ses propres priorités. Elle vient en appui aux priorités nationales»
Axes stratégiques et priorités opérationnelles
Les consultations menées avec les ministères, le secteur privé et la société civile ont permis de faire émerger des priorités claires : renforcer la création d'emplois, réduire les disparités territoriales, favoriser l'insertion des jeunes et des femmes, et améliorer la compétitivité. Le CPP mise également sur des dispositifs de suivi systématique des résultats afin d'orienter les interventions vers les secteurs où l'institution dispose d'un avantage comparatif.
- Emploi : centralité de la création d'emplois dans la programmation.
- Secteur privé : transition vers un modèle de croissance davantage tiré par l'investissement privé.
- Cohésion territoriale : réduction des inégalités régionales pour une croissance plus inclusive.
Conséquences pour l'économie marocaine et les partenaires internationaux
Pour le Maroc, l'enjeu est double : accélérer la transformation structurelle de l'économie tout en consolidant l'attractivité pour les investisseurs étrangers. Pour les acteurs internationaux et notamment les entreprises françaises implantées au Maroc, le CPP promet un environnement de projets plus ciblés et des instruments financiers potentiellement mieux adaptés pour cofinancer des chaînes de valeur locales.
Sur le plan financier, la combinaison d'assistance technique et de mobilisation de capitaux privés via l'IFC laisse présager une montée en puissance d'opérations hybrides (prêts concessionnels, garanties, investissements en fonds propres) destinées à réduire le coût et les risques pour les investisseurs privés. Cela peut faciliter le financement d'infrastructures, de filières industrielles à forte valeur ajoutée et de programmes d'emploi ciblant les jeunes.
Modalités de mise en œuvre et vigilance sur les résultats
Le CPP se veut «plus sélectif et axé sur les résultats», selon ses auteurs. Cette orientation implique des choix d'intervention resserrés et une attention accrue sur les mécanismes de suivi-évaluation. Pour être efficaces, ces dispositifs demanderont une coordination étroite entre l'administration marocaine, les bailleurs et les partenaires privés, ainsi qu'une transparence sur les indicateurs de performance.
| Élément | Contenu |
|---|---|
| Période | 2026-2035 |
| Acteurs | Groupe Banque mondiale, IFC, gouvernement marocain, secteur privé |
| Priorités | Emploi, compétitivité, cohésion territoriale, inclusion |
En liant des priorités nationales au levier financier international, ce nouveau cadre ouvre une fenêtre d'opportunités, mais impose aussi des exigences de résultats et de suivi. Pour les observateurs économiques en France, l'issue de cette coopération mérite une attention particulière : elle influencera les flux d'investissements et les partenariats industriels en Méditerranée et en Afrique du Nord dans les années à venir.