Optipus PV, une start-up née en décembre 2023 à Marseille, ambitionne de rendre les surfaces plastiques actrices de production d'électricité. Sa technologie : des peaux photovoltaïques intégrables au sein de pièces moulées — pare-chocs, tableaux de bord, coques de casque ou garde-boue — qui seraient alors capables de capter l'énergie solaire et de la convertir en courant utilisable.
Une promesse industrielle et environnementale
Lors de l'étape régionale de la Startup World Cup 2026 à Aix-en-Provence, la start-up figurait parmi les dix finalistes retenus sur plus de 150 candidats présélectionnés. Les fondateurs mettent en avant deux axes majeurs : l'impact environnemental — avec un procédé revendiquant un plastique recyclé à 99,9 % — et une stratégie commerciale ciblée sur l'intégration de la technologie chez les fabricants de pièces plastiques plutôt que sur la vente au détail de composants.
Un modèle go-to-market centré sur les industriels
La démarche d'Optipus PV n'est pas d'adresser chaque fabricant séparément par des capteurs additionnels, mais d'insérer le film photovoltaïque directement dans la chaîne d'outillage et de production plastique. Cette approche peut réduire les frictions d'adoption et accélérer la diffusion sur des marchés comme :
- l'automobile (équipements embarqués, carrosserie active) ;
- l'électronique grand public (coques et accessoires) ;
- les mobilités douces (trottinettes, vélos électriques) ;
- les équipements industriels et objets connectés.
"Notre motivation initiale, c'est de créer de l'impact. Tout ce qu'on cherche, c'est d'apporter une vraie solution pour décarboner notre vie", a affirmé Jörg Ackermann, CEO et cofondateur.
Technique, marché et défis
Le principal atout revendiqué est une technique qui, selon l'équipe, simplifie la pénétration des marchés en permettant l'incorporation du film lors de la fabrication plastique. Reste à franchir plusieurs étapes : validation industrielle à l'échelle, certification dans des secteurs exigeants (automobile notamment), et démonstration de durabilité réelle sur le cycle de vie des pièces.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Date de création | décembre 2023 |
| Sélection Startup World Cup | finaliste régionale (Aix-en-Provence) parmi 150 présélectionnés |
| Taux de recyclage revendiqué | 99,9 % |
Conséquences et perspectives
Si la technologie tient ses promesses, elle pourrait modifier la chaîne de valeur : les fournisseurs de pièces plastiques deviendraient des acteurs énergétiques périphériques, ouvrant des modèles de revenus récurrents (maintenance, licences technologiques, services énergétiques intégrés). Pour les clients industriels, l'atout serait la possibilité d'offrir des produits à valeur ajoutée sans modifier radicalement leurs lignes d'assemblage.
Mais la route vers l'industrialisation est longue. Les enjeux sont techniques (résistance aux chocs, performances en conditions réelles), réglementaires (homologations sectorielles) et commerciaux (négociation avec des donneurs d'ordre souvent conservateurs). La visibilité offerte par la Startup World Cup peut aider Optipus PV à lever ces barrières, en particulier si elle parvient à conclure des partenariats industriels de démonstration.
À court terme, il faudra suivre les preuves de concept industrielles et les premiers contrats avec des fabricants de pièces plastiques. À moyen terme, la capacité de la jeune entreprise à industrialiser son procédé et à prouver la durabilité de son approche déterminera si ses peaux photovoltaïques peuvent réellement contribuer à la décarbonation des produits du quotidien.