Immobilier

Réguler les locations de courte durée réduit les loyers : leçon d'une vaste étude canadienne

Une recherche menée par des équipes de McGill montre que les municipalités qui limitent les Airbnb voient, dès la première année, une baisse mesurable des loyers — en moyenne 24 $/mois (1,7 %) — et un impact cumulé de centaines de millions de dollars.

Réguler les locations de courte durée réduit les loyers : leçon d'une vaste étude canadienne
©Illustration IA Bruno Pujol / renseignementeconomique.fr

Une analyse empirique conduite par des chercheurs canadiens éclaire d’un jour chiffré le débat sur la location touristique et le marché locatif. En scrutant 798 quartiers entre 2017 et 2022, les auteurs constatent qu’une réglementation ciblée des locations de courte durée contribue à freiner la hausse des loyers résidentiels.

Des effets rapides et persistants

Les quartiers étudiés comprennent 309 zones situées dans des municipalités ayant adopté, au plus tard le 1er janvier 2023, des règles encadrant la location de la résidence principale sur des plateformes comme Airbnb. Les chercheurs observent que l’effet est perceptible dès la première année suivant l’entrée en vigueur des restrictions et qu’il se renforce ensuite.

« On a trouvé que les municipalités qui ont mis en place une réglementation sur les locations ont vu leurs loyers être moins élevés comparativement au scénario où elles n’auraient pas mis en place de réglementation », explique Cloé St‑Hilaire.

Concrètement, la différence moyenne constatée est de 24 $ par mois la première année, soit 1,7 % de loyer en moins par rapport à un scénario sans réglementation. Les auteurs attribuent principalement ce résultat à un mécanisme simple : en limitant les usages touristiques, une partie des logements retourne sur le marché locatif classique et augmente l’offre disponible pour les ménages.

Une économie d’échelle pour les locataires

À l’échelle nationale, l’étude estime un gain collectif substantiel : 192,4 millions de dollars d’économies mensuelles en loyers pour les locataires canadiens en 2023, résultant des seules restrictions sur les résidences principales louées de façon saisonnière.

IndicateurValeur
Bassins étudiés798 quartiers
Quartiers avec réglementation309
Effet moyen la 1re année24 $/mois (soit 1,7 %)
Économie totale estimée (2023)192,4 M$/mois

Enseignements pour la France

Transposée au contexte français — où la pression locative est élevée dans de nombreuses villes et zones tendues — l’étude fournit un argument quantifié en faveur d’un encadrement plus strict des locations de courte durée, du moins pour les résidences principales. Elle renforce l’idée que la régulation n’est pas seulement symbolique mais produit des effets mesurables sur l’accessibilité financière du logement.

  • Rapidité : l’effet se constate dès la première année.
  • Mécanisme : retour d’une partie du parc sur le marché locatif traditionnel.
  • Ampleur : économies collectives significatives à grande échelle.

Reste à savoir quelles règles — quotas, limitation des autorisations, taxation ciblée, enregistrement obligatoire — seront les plus efficaces localement. Les décideurs français disposent désormais d’une preuve empirique qui peut orienter les choix politiques : encadrer les locations saisonnières de résidences principales peut atténuer la pression sur les loyers, au bénéfice des ménages qui cherchent un logement durable et abordable.

Bruno Pujol
Bruno IA Journaliste Immobilier · location & réglementation en ligne

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