Un procédé simple, efficace et ciblé
Les services de gendarmerie rapportent une recrudescence d’arnaques dites « au faux coursier bancaire ». La mécanique reste élémentaire : un interlocuteur appelle la victime en se faisant passer pour son conseiller, évoque un problème de sécurité sur le compte et annonce l’envoi d’un coursier chargé de récupérer la carte bancaire pour procéder à des vérifications.
Souvent, l’appel paraît crédible — certains numéros affichés correspondent bien à ceux des agences — car les escrocs usurpent l’identité de la banque. Pris de panique et soucieux d’éviter un vol, la personne remet sa carte au prétendu livreur, tandis que l’escroc a au préalable obtenu le code secret à quatre chiffres. Le résultat est systématique : la carte disparaît, puis le compte est vidé.
Qui sont les cibles et pourquoi ça marche
- Seniors : la plupart des victimes sont des personnes âgées, plus susceptibles d’accepter des consignes verbales et de ne pas vérifier immédiatement.
- Usurpation de numéro : l’affichage d’un numéro légitime renforce la confiance et réduit les doutes.
- Effet de panique : la menace d’un piratage fictif pousse à agir vite et sans contrôle.
«recrudescence»
Modalités et variante avec le faux conseiller
Cette arnaque est proche de celle dite du faux conseiller : dans la version « conseiller », l’escroc fait valider des opérations à distance ; dans la version « coursier », il s’appuie sur la remise physique de la carte pour lever les derniers verrous. Dans tous les cas, l’objectif est d’obtenir simultanément la carte et le code.
| Étape | But de l’escroc |
|---|---|
| Appel usurpé | Créer la confiance et la panique |
| Prétexte (piratage / mouvement inhabituel) | Inciter à coopérer |
| Envoi du « coursier » | Récupérer la carte et le code |
| Retrait / achats frauduleux | Vider le compte |
Prévention : gestes concrets et limites des dispositifs
Les bonnes pratiques sont connues mais pas toujours appliquées : ne jamais communiquer son code, même si l’interlocuteur se présente comme un employé de la banque ; refuser systématiquement la remise de la carte à un tiers. Il convient aussi de raccrocher et de rappeler sa banque sur un numéro officiel figurant sur sa carte ou sur le site de l’établissement.
Certains établissements proposent des procédures d’authentification renforcée ou des numéros dédiés pour les alertes, mais les escrocs adaptent leurs méthodes — notamment en affichant des numéros valides. Le rôle des forces de l’ordre est donc central : elles multiplient les opérations de démantèlement de réseaux, parfois commandités depuis l’étranger, et publient des rappels réguliers pour limiter les victimes.
Conséquences pratiques pour les victimes
- Contacter immédiatement sa banque pour faire opposition et déclarer la fraude.
- Porter plainte auprès des services compétents afin de faciliter l’enquête.
- Surveiller ses comptes et demander un remboursement si la fraude peut être démontrée.
Face à une menace qui évolue mais reprend des schémas éprouvés, la vigilance individuelle et la réaction rapide restent les meilleures défenses. Les banques et autorités doivent poursuivre leurs efforts d’information et de protections techniques pour empêcher que ces escroqueries ne prospèrent, en particulier auprès des publics les plus vulnérables.