Un arbitrage patrimonial à fort impact
La décision de fixer sa résidence fiscale à l'étranger n'est plus seulement une affaire de climat ou de qualité de vie : c'est un choix aux conséquences financières majeures. Selon le classement 2026 qui compare 23 pays prisés des retraités européens, un retraité français percevant 2 500 € par mois peut voir son pouvoir d'achat varier de 40 % selon le pays d'installation. Ce niveau d'écart, confirmé par l'étude, se traduit concrètement par des centaines, voire des milliers d'euros d'écart chaque mois sur une pension sur plusieurs années.
Ce qui explique l'écart
Le différentiel observé dans le classement combine trois familles de facteurs :
- la fiscalité des pensions (conventions bilatérales, régimes spécifiques, taux effectifs appliqués) ;
- le coût de la santé, notamment le prix d'une complémentaire pour les plus de 65 ans ;
- le coût de la vie local, dont l'immobilier et les dépenses courantes ajustées à un panier-type de dépenses d'un senior.
L'étude montre que deux pays proches géographiquement peuvent afficher des écarts de pouvoir d'achat compris entre 35 % et 45 %, parce que l'avantage fiscal peut être annulé par un coût de la vie élevé ou des dépenses de santé mal couvertes.
Le Portugal en tête, l'exemple chiffré
Le Portugal conserve la première place du classement pour la cinquième année consécutive. Le pays reste attractif pour les retraités français en raison du régime des résidents non habituels (RNH), réformé en 2024 mais toujours porteur d'avantages pour certains profils :
- pour les nouveaux arrivants installés avant fin 2023, l'étude rappelle une exonération totale sur les pensions françaises pendant 10 ans ;
- depuis 2024, l'entrée est soumise à un taux forfaitaire de 10 % pour les pensions.
À titre d'illustration fournie par l'étude, un retraité percevant 3 000 € de pension économiserait environ 450 € par mois d'impôts directs au Portugal par rapport à une résidence fiscale en France, soit 5 400 € par an. Par ailleurs, le coût de la vie au Portugal demeure cité comme inférieur de l'ordre de 25 % à 30 % à celui de la France hors grandes métropoles, ce qui renforce l'effet de pouvoir d'achat.
Des gains potentiels importants, mais pas automatiques
L'étude alerte cependant sur les idées reçues : certains pays présentés comme fiscalement attractifs voient leur avantage réduit — parfois annihilé — par un coût de la vie élevé ou par des frais de santé et d'assurance plus lourds. Pour un couple de retraités touchant 4 000 € par mois, le différentiel entre les meilleurs et les moins favorables peut représenter 1 400 € à 1 800 € par mois, soit plus de 20 000 € par an selon l'étude.
Ce que cela implique pour l'épargnant
Choisir son pays de résidence à la retraite exige une comparaison fine et personnalisée : fiscalité réelle des pensions (et conditions des conventions bilatérales), coût réel d'une complémentaire santé dès 65 ans, prix de l'immobilier et du quotidien dans la zone envisagée. Le classement 2026 fournit une synthèse utile sur 23 pays, mais il ne remplace pas une simulation individuelle prenant en compte le niveau de pension, la composition du foyer et les projets de dépense (logement, santé, voyages).
Tableau récapitulatif des chiffres clés cités
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Variation possible du pouvoir d'achat (exemple 2 500 €) | ≈ 40 % |
| Nombre de pays analysés | 23 |
| Économie mensuelle estimée pour 3 000 € pension au Portugal | 450 € / mois (5 400 € / an) |
| Coût de la vie au Portugal vs France (hors grandes villes) | −25 % à −30 % |
| Differentiel pour un couple à 4 000 € / mois | 1 400 € à 1 800 € / mois (soit > 20 000 € / an) |
Au final, le classement 2026 confirme que la question du lieu de résidence à la retraite est un véritable arbitrage patrimonial. L'intérêt fiscal d'un pays peut être réel et mesurable, comme au Portugal, mais il doit être confronté aux autres postes de dépense. Pour les retraités français, la décision mérite une étude chiffrée et individualisée avant tout engagement.