Robinhood vise 200 millions de dollars pour son second fonds dédié aux startups
Robinhood, la plateforme américaine devenue symbole de l'investisseur particulier, met en place un nouveau véhicule de capital-risque et ambitionne de le faire entrer en Bourse pour lever jusqu'à 200 millions de dollars. Le document réglementaire publié lundi détaille une offre portée par 8 millions d'actions au prix unitaire de 25 dollars, dont 400 000 actions déjà détenues par Robinhood.
Ce fonds, nommé Robinhood Ventures Fund II (RVII), se distingue par son orientation vers des sociétés privées en phase d'amorçage (early-stage) et de croissance (growth-stage). La stratégie affiche une préférence marquée pour des entreprises issues — actuelles ou anciennes — du programme d'accélération Y Combinator, un vivier reconnu de la Silicon Valley.
« Les clients de la plateforme cherchaient à investir dans des entreprises émergentes du secteur de l'intelligence artificielle à un stade plus précoce. »
Cette formule intervient après le lancement, en mars dernier, du premier fonds de Robinhood, Robinhood Ventures Fund I, orienté principalement vers des tickets en late-stage et qui a, selon le dossier, intégré OpenAI au sein de son portefeuille. Le groupe poursuit donc une logique d'élargissement de son intervention sur la chaîne du financement des startups, du late-stage jusqu'aux premiers tours, afin d'offrir à sa base d'utilisateurs un accès à des actifs traditionnellement réservés aux investisseurs institutionnels.
La structure financière de l'opération et son calendrier sont précisés dans le prospectus : la période de souscription doit se clôturer le 12 août, la tournée de présentation (roadshow) a été lancée le lundi à midi, heure de l'Est, et les actions devraient être cotées sur le New York Stock Exchange sous le symbole RVII.
- Taille visée : 200 millions de dollars
- Nombre d'actions offertes : 8 millions (dont 400 000 détenues par Robinhood)
- Prix par action : 25 dollars
- Cotation prévue : NYSE, symbole RVII
Sur le plan bancaire et du placement, l'opération est encadrée par un syndicat mené par Goldman Sachs en qualité de teneur de livre principal, accompagné de co-teneurs incluant Citigroup, J.P. Morgan, UBS Investment Bank et Wells Fargo Securities. Cette configuration montre que Robinhood cherche un positionnement professionnel sur le marché des fonds cotés, en s'appuyant sur des banques d'investissement de premier plan pour structurer la transaction.
Le mouvement mérite d'être lu à double lecture. D'une part, il traduit la volonté de Robinhood d'étendre ses services et de capter une partie du flux de capitaux vers les sociétés non cotées, en proposant une porte d'entrée aux investisseurs particuliers. D'autre part, il soulève des questions sur la concurrence avec les acteurs traditionnels du capital-risque et sur la capacité d'un véhicule coté à conserver une flexibilité d'investissement adaptée aux cycles très spécifiques des jeunes entreprises.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Montant visé | 200 M$ |
| Actions offertes | 8 000 000 |
| Actions détenues par Robinhood | 400 000 |
| Prix par action | 25 $ |
Enfin, la focalisation sur les start-up liées à Y Combinator et l'intérêt exprimé pour l'intelligence artificielle signalent une stratégie thématique : capter des opportunités à forte croissance technologique. Reste à observer si le principe d'un fonds VC coté séduira suffisamment d'investisseurs particuliers pour concurrencer les circuits traditionnels du capital-risque, et si Robinhood saura concilier liquidité des titres et horizon d'investissement long nécessaire aux jeunes entreprises.