Une décrue de l'inflation soutenue par la baisse des carburants
Les indices britanniques publiés mercredi par l'Office national des statistiques montrent un ralentissement de l'inflation à +2,6% en glissement annuel pour le mois de juin, contre +2,8% en mai. Ce chiffre est légèrement inférieur aux attentes des économistes, qui tablaient sur +2,7%.
La principale explication avancée par les autorités : une baisse des prix des carburants liée à une accalmie temporaire dans la guerre en Iran, laquelle a pesé sur le coût de l'énergie et, par ricochet, sur l'inflation globale.
Variations mensuelles et inflation de base
En base mensuelle, les prix ont reculé de 0,1% en juin, après une hausse de 0,2% en mai. L'inflation sous‑jacente (hors éléments volatils et tarifs publics) s'établit à +2,6% en rythme annuel et à +0,3% sur un mois, des niveaux qui restent modérés mais significatifs pour la Banque d'Angleterre.
Alimentaire et coûts industriels
Les prix des denrées alimentaires ont progressé de 1,6% sur un an, contre 2,1% le mois précédent — un indicateur clé pour les anticipations des ménages selon la BoE. Par ailleurs, les coûts des intrants industriels ont diminué de 2,0% par rapport à mai, contribuant à l'atténuation des pressions sur les prix.
« Les données publiées aujourd’hui viennent étayer la justesse de l’approche prudente adoptée par la Banque d'Angleterre, les pressions inflationnistes sous‑jacentes restant relativement modérées dans un contexte de faible demande intérieure », a déclaré Yael Selfin, économiste en chef chez KPMG.
Un répit qui bénéficie politiquement au gouvernement Burnham — mais peut être provisoire
Le ralentissement intervient peu après la prise de fonctions d'Andy Burnham comme Premier ministre. Son cabinet a déjà annoncé des mesures ciblées pour soutenir les ménages, notamment une réduction de la taxe sur les factures d'énergie et un abaissement du plafond des tarifs des bus. John Healey, nouveau chancelier, a salué les chiffres tout en appelant à des efforts supplémentaires pour aider les ménages à faire face au coût de la vie.
Pour la Banque d'Angleterre, ces données ne signifient pas forcément la fin des risques inflationnistes : elle anticipe que l'inflation pourrait remonter à 3% au troisième trimestre, ce qui impose prudence et surveillance rapprochée des évolutions énergétiques et des pressions salariales.
Ce que cela change pour les ménages et les marchés
- Court terme : baisse des carburants et inflation mensuelle négative offrent un soulagement ponctuel pour les budgets domestiques.
- Moyen terme : la BoE reste attentive — une remontée de l'inflation pourrait contraindre la politique monétaire.
- Politique : le gouvernement Burnham bénéficie d'un contexte plus favorable pour ses premières mesures, mais l'effet pourrait s'estomper.
| Indicateur | Mai | Juin |
|---|---|---|
| Inflation annuelle (CPI) | +2,8% | +2,6% |
| Inflation mensuelle | +0,2% | -0,1% |
| Inflation sous‑jacente (annuelle) | +2,6% | +2,6% |
| Prix alimentaires (annuel) | +2,1% | +1,6% |
| Coûts des intrants industriels (mensuel) | — | -2,0% |
En synthèse, le ralentissement observé en juin offre un répit bienvenu mais fragile. Il dépend fortement de facteurs externes — notamment l'évolution des tensions au Moyen‑Orient et des marchés de l'énergie — et ne supprime pas le besoin d'une lecture prudente par les décideurs monétaires et politiques.