Des approbations hypothécaires en repli alors que le crédit à la consommation accélère
Les données de la Banque d'Angleterre publiées mardi montrent un net ralentissement du marché des prêts immobiliers au Royaume‑Uni : les établissements ont donné leur feu vert à 56 053 prêts destinés à l'achat de logements en juillet, chiffre le plus faible observé depuis janvier 2024. Ce niveau est inférieur aux attentes des économistes interrogés par Reuters, qui tablaient sur 59 500 approbations.
La même statistique pour juin a été révisée légèrement à la hausse, passant à 58 215 (contre 58 200 précédemment). Parallèlement, la Banque d'Angleterre signale une hausse marquée du crédit non garanti octroyé aux particuliers : le stock net a augmenté de 2,006 milliards de livres sur le mois, dépassant la prévision médiane des économistes fixée à 1,8 milliard.
"Les chiffres de la monnaie et du crédit de juillet montrent que les perspectives à court terme pour le marché immobilier sont faibles, que les ménages ont pu financer une partie de leurs dépenses en juillet en réduisant leur taux d'épargne et en empruntant davantage, et que les conditions monétaires globales ne sont pas propices à une longue période de forte inflation." — Ruth Gregory, Capital Economics
Contexte et implications
Ce double mouvement — recul des approbations de prêts immobiliers et augmentation du crédit à la consommation — illustre une tension entre demande d'acquisition de logements et besoin de financement courant des ménages. Les banques semblent plus prudentes sur les dossiers immobiliers, tandis que les ménages recourent davantage au crédit non garanti pour soutenir leurs dépenses.
Ces tendances pèsent sur les anticipations de la Banque d'Angleterre : les taux directeurs sont actuellement à 3,75 % et la plupart des observateurs ne s'attendent pas à une modification immédiate, même si les marchés intègrent désormais une probabilité d'une hausse de 0,25 point d'ici la fin de l'année.
Chiffres clés
| Période | Approbations hypothécaires | Variation nette du crédit non garanti |
|---|---|---|
| Juin (révisé) | 58 215 | — |
| Juillet | 56 053 | +2,006 Md £ |
Ce que cela signifie pour les banques et les ménages
- Pour les établissements financiers : prudence accrue sur les dossiers immobiliers, potentiel resserrement des conditions d'octroi.
- Pour les emprunteurs : moins d'offres et une concurrence possible sur les meilleures conditions; hausse du recours aux crédits non garantis, plus coûteux et plus risqués.
- Pour la politique monétaire : les chiffres plaident pour une vigilance : inflation sous contrôle mais fragilité de la demande immobilière.
Enfin, Nationwide a signalé que les prix de l'immobilier ont progressé de 1,6 % sur 12 mois jusqu'en août, rythme inférieur à l'inflation des prix à la consommation, un élément supplémentaire qui éclaire la faiblesse du marché immobilier face à un contexte de coût du crédit plus élevé.
Sur le plan pratique, les décideurs et les acteurs du secteur bancaire suivront de près l'évolution des flux de crédit dans les prochains mois : le basculement entre financement de la consommation et acquisition immobilière pourrait remodeler les portefeuilles de prêts et la sensibilité des ménages aux variations de taux.