Safran sécurise un fournisseur stratégique de propulsion
Le groupe Safran a annoncé le 22 septembre 2026 sa prise de participation dans Akira, une PME française spécialisée dans les technologies propulsives, via sa structure d'investissement Safran Corporate Ventures. L'opération s'inscrit dans un mouvement de consolidation visant à sécuriser des composants et savoir-faire jugés critiques pour la défense et l'aéronautique.
Une PME discrète mais stratégique
Fondée en 2003 et implantée à Bayonne et Bergerac, Akira compte environ 60 salariés pour un chiffre d'affaires estimé entre 12 et 13 millions d'euros. Le groupe a enregistré une croissance de 35 % entre 2022 et 2024 et assemble plus de 250 machines tournantes par an sur ses bancs d'essai. Ces chiffres confirment la montée en puissance d'une société positionnée sur des compétences de prototypage et d'essais de systèmes propulsifs haute performance.
Un partenariat industriel élargi
Cette opération complète des prises de participation antérieures : en février 2025, le fonds Definvest géré par Bpifrance et l'industriel MBDA étaient déjà entrés au capital d'Akira. Avec l'arrivée de Safran, trois acteurs complémentaires soutiennent désormais la PME, renforçant son intégration dans l'écosystème industriel de défense français.
"matérialise notre engagement envers la base industrielle et technologique de défense française"
"renforcement des liens d’un écosystème préparant les systèmes de défense de demain, plus performants et plus économes en énergie"
Ce que cela signifie
Concrètement, l'investissement de Safran vise à accompagner le plan de croissance d'Akira et à consolider des capacités propulsives nationales. Pour le secteur, il s'agit d'une réponse à la dépendance technologique perçue, notamment vis-à-vis de fournisseurs étrangers. Pour les salariés, l'entrée d'un grand groupe peut ouvrir l'accès à des marchés plus larges et à des investissements en moyens d'essais et en R&D. Pour les donneurs d'ordre — industriels et clients publics —, cela renforce la disponibilité d'expertises critiques sur le territoire.
Limites et inconnues
Le montant de la prise de participation n'a pas été communiqué ni par Safran ni par Akira, ce qui laisse des incertitudes sur le degré d'influence et les engagements financiers futurs. Reste également à mesurer l'impact concret sur la chaîne d'approvisionnement et sur la capacité d'Akira à accélérer ses livraisons vers des programmes sensibles.
- Acteurs impliqués : Safran, Akira, MBDA, Definvest/Bpifrance
- Ressources humaines : ~60 salariés
- Chiffre d'affaires : 12–13 M€ (croissance +35 % entre 2022 et 2024)
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Salariés | ~60 |
| Chiffre d'affaires | 12–13 M€ |
| Croissance 2022–2024 | +35 % |
Au-delà de l'effet immédiat sur Akira, l'opération illustre une tendance plus large : les grands groupes de la défense française pilotent leurs investissements pour garantir l'accès à des compétences et composants critiques. À court terme, cela augmente la résilience industrielle ; à moyen terme, l'enjeu sera d'assurer la montée en capacité et l'intégration de ces PME dans des chaînes d'approvisionnement souveraines.