Une flambée régionale qui creuse les écarts
Les derniers indicateurs Raiffeisen confirment que le marché résidentiel suisse reste porteur : au 2e trimestre 2026, les prix des logements en propriété poursuivent leur hausse, avec des dynamiques toutefois différenciées selon les types de biens et les territoires. Les maisons individuelles ont vu leur prix grimper de +3,4% sur un an, tandis que la propriété par étage (PPE) a progressé de +4,2% sur un an — la PPE enregistrant en outre une hausse trimestrielle de +1,0%.
La lecture régionale éclaire ces chiffres : la Suisse romande domine clairement pour les maisons individuelles avec une augmentation annuelle de +6,3%, soit près du double de la progression nationale. En revanche, la région lémanique connaît un tassement pour la PPE (repli de -1,4%), quand la Suisse méridionale enregistre l'accélération la plus forte pour les copropriétés (+6,7%).
« Même si les taux de croissance des prix sont légèrement plus faibles ce trimestre, la dynamique des prix sur le marché de la propriété reste très élevée », indique Fredy Hasenmaile, chef économiste de Raiffeisen Suisse.
Où se concentrent les hausses ?
L'analyse par type de commune montre que ce sont les zones touristiques qui tirent les progressions les plus marquées : pour ces communes, les prix des maisons individuelles augmentent de +6,0% et ceux des PPE de +6,9%. Les centres urbains et les communes centrales affichent des hausses plus modérées (mais toujours positives) : +4,2% pour les maisons, et seulement +0,1% pour la PPE dans les centres.
- Maisons individuelles (année) : +3,4% (national)
- PPE (année) : +4,2% (national) et +1,0% sur le trimestre
- Suisse romande (maisons) : +6,3% sur un an
Conséquences concrètes pour les acheteurs et investisseurs
Sur le terrain, ces chiffres se traduisent directement dans le budget des ménages : une hausse annuelle de plusieurs points se ressent en termes de mensualités et de coûts d'acquisition au mètre carré. Pour un acquéreur visant une maison en Suisse romande, l'écart de prix par rapport au reste du pays implique soit un apport plus élevé, soit une mensualité plus lourde si la durée d'emprunt reste identique. L'étude souligne aussi un facteur structurel : l'offre limitée qui, combinée à des taux hypothécaires durablement bas, continue d'alimenter la tension sur les prix.
| Zone | Maisons (an) | PPE (an) |
|---|---|---|
| Suisse romande | +6,3% | — |
| Nord‑Ouest | +3,4% | — |
| Suisse centrale | +3,1% | — |
| Suisse méridionale | — | +6,7% |
| Région lémanique | — | -1,4% |
| Zones touristiques | +6,0% | +6,9% |
| Centres urbains | +4,2% | +0,1% |
Perspective
Aux acteurs du marché — primo‑accédants, investisseurs et promoteurs — il faudra désormais tenir compte d'une géographie des hausses plus marquée que par le passé. Si les conditions de financement restent attractives, la rareté de l'offre localisée (notamment dans les zones touristiques et la Suisse romande) pourrait maintenir la pression sur les prix à court terme. À court et moyen terme, la clé restera l'évolution des taux hypothécaires et la capacité des nouveaux produits immobiliers à augmenter l'offre effective.
Pour les ménages, l'enjeu est de convertir ces tendances en décisions concrètes : revendiquer des comparaisons au mètre carré, recalculer les mensualités selon différentes durées d'emprunt et anticiper les délais réels de transaction, particulièrement dans les secteurs où l'offre se raréfie.