Un casse-tête financier pour soutenir une croissance ambitieuse
La 3e Conférence du Comité central pose un objectif clair : atteindre une croissance d'environ 10 % ou plus tout en maintenant la stabilité macroéconomique et en maîtrisant l'inflation. Pour y parvenir, le document met en lumière un problème structurel majeur : l'économie reste trop dépendante du crédit bancaire comme source principale de capitaux.
Les chiffres cités fournissent l'ampleur du défi : la demande totale de capitaux d'investissement social pour 2026 est estimée à environ 5,1 millions de milliards de VND, et pourrait atteindre 38,5 millions de milliards de VND sur la période 2026-2030. En parallèle, le ratio crédit/PIB dépassait déjà 145 % en 2025, signe d'une forte dépendance du système économique au financement bancaire.
Pourquoi le modèle actuel atteint ses limites
Plusieurs phénomènes expliquent l'urgence d'une diversification des sources de financement. D'une part, les besoins à moyen et long terme — infrastructures, énergie, technologies, logistique, transition écologique — requièrent des capitaux stables et de long terme que les banques, focalisées sur le crédit, peinent à fournir seules. D'autre part, cette concentration du risque sur le secteur bancaire alimente des tensions sur les taux d'intérêt, la qualité des actifs, le niveau des créances douteuses et, in fine, la stabilité macroéconomique.
Les marchés de capitaux comme pièce centrale d'une nouvelle architecture
La conférence recommande de transformer la structure de l'offre de capitaux en faisant des marchés boursiers et obligataires des piliers de la mobilisation d'épargne. Aujourd'hui, la capitalisation boursière atteint environ 82 % du PIB, un niveau jugé insuffisant pour jouer ce rôle de façon effective.
- Alléger la dépendance aux banques pour les investissements d'envergure ;
- Développer des marchés obligataires longs pour financer les projets d'infrastructure et verts ;
- Élargir la base d'entreprises cotées afin de répartir les flux de capitaux sur un univers plus diversifié.
Conséquences concrètes pour l'économie
Sans cette transformation, atteindre une croissance à deux chiffres risque d'être insoutenable : la bancarisation excessive du financement peut faire grimper les coûts de crédit, détériorer la qualité des bilans bancaires et limiter la capacité du pays à financer sa transition industrielle et énergétique. À l'inverse, un marché des capitaux plus profond et liquide pourrait offrir des financements de long terme, répartir le risque et attirer des investisseurs institutionnels locaux et étrangers.
| Indicateur | Valeur citée |
|---|---|
| Demande d'investissement (2026) | 5,1 millions de milliards de VND |
| Demande d'investissement (2026-2030) | 38,5 millions de milliards de VND |
| Ratio crédit/PIB (2025) | 145 % |
| Capitalisation boursière | ~82 % du PIB |
La feuille de route implicite est double : renforcer les infrastructures de marché (régulation, transparence, accès des investisseurs) et encourager l'émission d'instruments de long terme, notamment obligataires, adaptés aux grands projets. Sans ces réformes, le financement restera un goulot d'étranglement pour la croissance.
Enfin, l'efficacité de cette transition dépendra aussi de la capacité à mobiliser l'épargne domestique, à attirer des capitaux étrangers et à améliorer la gouvernance des entreprises pour élargir la palette d'émetteurs sur les marchés. La conférence souligne que ce n'est pas seulement une question de quantité de capitaux, mais de qualité et de structure des circuits de financement.