Trois utilisateurs ont saisi la justice fédérale californienne le 24 juillet, accusant Apple d'avoir laissé filtrer des copies frauduleuses de Sparrow Wallet sur l’App Store et de ne pas avoir réagi suffisamment vite malgré des alertes anciennes. La plainte, longue de 54 pages et enregistrée sous le numéro 5:26-cv-07713, décrit un mécanisme d'escroquerie classique : des applications usurpent l'identité d'un wallet bien connu, demandent la seed phrase aux utilisateurs, puis s'emparent des fonds.
Montants et victimes
Les plaignants détaillent des pertes individuelles élevées, qui totalisent 1,835 million de dollars. Selon la plainte :
- James Ramirez : 875 000 $
- Christopher Ellis : 840 000 $
- Jalen Delgado : 120 000 $
| Élément | Détail |
|---|---|
| Date du dépôt | 24 juillet (tribunal fédéral, district nord de Californie) |
| Numéro de dossier | 5:26-cv-07713 |
| Montant total réclamé | 1,835 million $ |
Ce que reprochent les plaignants à Apple
Les auteurs de la plainte soutiennent qu'Apple a promu l'image d'un App Store « sûr et fiable » tout en laissant passer des copies malveillantes. Ils lui reprochent notamment :
- d'avoir toléré l'existence d'applications usurpatrices malgré des signalements remontant à janvier 2024 par le développeur légitime ;
- d'avoir mis trop de temps à supprimer les applications et à fermer les comptes associés ;
- de ne pas garantir des contrôles suffisants pour protéger des utilisateurs non experts confrontés à des imitations sophistiquées.
Contexte technologique et judiciaire
Le mécanisme d'attaque décrit dans la plainte n'est pas nouveau : en l'absence d'une application officielle iOS pour le vrai Sparrow Wallet, des imposteurs ont pu exploiter la confusion pour demander la seed phrase, la série de mots qui permet de restaurer un porte‑monnaie Bitcoin. Une fois connue, cette phrase donne un accès quasi immédiat aux fonds. Le développeur authentique avait alerté publiquement dès janvier 2024 sur l'existence de ces copies, selon la plainte.
« Le développeur de Sparrow signalait publiquement des copies frauduleuses dès janvier 2024. »
Conséquences et enjeux
Au-delà des montants en jeu pour les trois plaignants, ce dossier pose une question plus large : quelle est la responsabilité d'une plateforme qui aspire à être le gardien de l'écosystème logiciel ? Si le juge certifiait une action collective — ce qui n'a pas encore été décidé —, ce procès pourrait engager Apple sur la manière dont sont contrôlées et vérifiées les applications liées aux clefs privées et aux phrases de récupération. Pour les utilisateurs crypto, le cas rappelle aussi l'impératif de ne jamais communiquer une seed phrase à une application, quel que soit son apparence.
Réponse d'Apple et suites possibles
Apple affirme avoir supprimé les applications litigieuses et fermé les comptes responsables, une action que la plainte conteste quant à sa rapidité et son efficacité. La bataille judiciaire devra établir si les processus de validation d'Apple sont suffisants ou si la firme peut être tenue pour responsable des escroqueries opérées via son magasin d'applications. En attendant, les plaignants cherchent à représenter d'autres utilisateurs victimes du même type d'arnaque, mais la transformation de leur action en recours collectif dépendra d'une décision de justice.