Un ancien massothérapeute de Québec, âgé de 59 ans, a été condamné à 18 mois de prison pour des agressions sexuelles commises dans le cadre de son activité professionnelle. Malgré son incarcération depuis la fin janvier, la Commission québécoise des libérations conditionnelles a refusé de lui accorder des sorties préparatoires au motif que le détenu ne reconnaît pas pleinement la dimension criminelle de ses gestes.
Les faits retenus
Les faits concernent deux victimes distinctes. La première avait contacté le praticien en 2018, sur la recommandation d'une association, pour un soin en chambre d'hôtel. Selon la décision de la Commission, l'homme s'est présenté comme expert d'une « technique indienne » et a posé, sans le consentement de la cliente, des gestes à caractère sexuel que la victime a décrits comme une « violation de son âme ». La Commission rapporte encore que la victime lui a dit qu'elle n'aimait pas ces gestes et que l'accusé aurait répondu : « Ouain, on est quand même ici ».
« Vous avez tendance à vous réfugier derrière les méthodes (de massothérapie) apprises. Vous dites que vous vouliez faire votre travail adéquatement »
La seconde victime a été agressée environ un an plus tard, lors d'un soin prodigué par l'accusé dans le cadre de son emploi de préposé aux bénéficiaires auprès de personnes âgées. Cette victime, atteinte de paralysie cérébrale, a subi des attouchements sexuels à trois reprises alors que les gestes devaient relever de soins d'hygiène.
La décision administrative et sa motivation
La Commission a qualifié ces actes de « gestes de délinquance sexuelle, commis dans le cadre de votre travail et sans que les victimes aient consenti aux gestes intrusifs que vous avez commis ». Elle motive son refus de sorties préparatoires par l'attitude du détenu, qui, selon le rapport cité, persiste à justifier ses pratiques par des méthodes professionnelles apprises et minimise l'intention criminelle.
- Condamnation : 18 mois d'emprisonnement.
- Victimes : deux personnes — l'une lors d'un massage en chambre d'hôtel (2018), l'autre, une personne atteinte de paralysie cérébrale, lors de soins d'hygiène.
- Motif du refus : absence de reconnaissance pleine et entière de la portée criminelle des actes.
Conséquences et contextes
La décision d'écarter des sorties préparatoires met en lumière l'importance, pour les autorités de libération conditionnelle, d'un travail d'acceptation et de réparation par les auteurs d'infractions sexuelles. Dans ce dossier, la Commission retient que l'attitude de l'accusé — se retrancher derrière des techniques professionnelles — nuit à l'évaluation favorable d'une réinsertion progressive. Les déclarations et le cadre factuel indiquent aussi la vulnérabilité des victimes : l'une était en séjour temporaire dans la région, l'autre était dépendante en raison d'une paralysie cérébrale.
| Élément | Donnée |
|---|---|
| Âge de l'accusé | 59 ans |
| Peine | 18 mois |
| Début de l'incarcération | Fin janvier (année non précisée) |
| Victimes | 2 |
La teneur de la décision administrative et la gravité des faits soulignent la vigilance requise autour des professions de contact et la nécessité d'un encadrement strict, notamment quand des pratiques non conventionnelles sont invoquées. Le dossier illustre également les enjeux de protection des personnes vulnérables et la difficile articulation entre soins et respect du consentement.