Les autorités maliennes ont présenté, le 8 juillet à Bamako, un bilan chiffré de la politique menée dans le secteur minier depuis le début de la transition. Selon la note publiée le 10 juillet, les services de l'État disent avoir recouvré plus de 760 milliards FCFA — soit environ 1,36 milliard de dollars — au terme d'audits approfondis et d'ajustements d'impôts et de redevances demandés aux compagnies actives dans le pays.
Une stratégie axée sur le redéploiement des recettes vers l'État
Le gouvernement présente ce résultat comme la traduction financière d'une volonté politique claire : récupérer pour le Trésor public des recettes liées à l'exploitation des ressources naturelles et faire du secteur minier un moteur du développement national. Le ministre des Mines a rattaché ces mesures à la vision portée par la junte, résumée dans un mot d'ordre désormais rendu public.
"Que l'or brille pour les Maliens"
Pour atteindre ces objectifs, l'exécutif souligne avoir opéré une double transformation : des audits ciblés sur les obligations fiscales des opérateurs, et une réforme normative du cadre juridique encadrant l'exploitation des mines.
Réformes législatives et changements concrets
Parmi les actes législatifs cités figure l'adoption, en 2023, d'un nouveau code minier et d'une loi sur le contenu local. Ces textes modifient les rapports entre l'État, les investisseurs étrangers et les entreprises nationales et cherchent à augmenter les retombées économiques pour les Maliens.
- Participation de l'État : portée à 35 % dans certains projets, contre 20 % auparavant.
- Contenu local : obligations renforcées pour recruter des compétences nationales et confier davantage de sous-traitance à des entreprises locales.
- Fiscalité : suppression de plusieurs avantages antérieurs, notamment des clauses de stabilité fiscale qui limitaient l'ajustement des prélèvements en cas de hausse des cours.
Montants et affectation
Le montant revendiqué — 760 milliards FCFA — correspond aux arriérés récupérés et aux ajustements fiscaux obtenus sur une période de cinq ans. Les autorités précisent que ces sommes ont été reversées au Trésor public. Le communiqué gouvernemental présenté lors de la conférence de bilan met l'accent sur l'utilisation de ces ressources pour renforcer la souveraineté économique et améliorer la redistribution des gains issus du sous-sol.
| Élément | Valeur |
|---|---|
| Montant recouvré | 760 milliards FCFA (~1,36 milliard $) |
| Période couverte | 5 ans |
| Date de présentation | 8 juillet (bilan présenté à Bamako) |
| Réforme majeure | Adoption d'un nouveau code minier et d'une loi sur le contenu local en 2023 |
Conséquences et limites
Sur le plan budgétaire, le recouvrement annoncé renforce la trésorerie de l'État et illustre une capacité accrue d'exiger le paiement des taxes et redevances. Sur le plan politique et économique, l'augmentation de la participation de l'État et les règles de contenu local visent à capter une plus grande part de la valeur créée localement. En revanche, le communiqué ne détaille pas la répartition précise de ces fonds ni l'impact à long terme sur l'attractivité des investisseurs étrangers. Il faudra observer comment ces mesures sont mises en œuvre opérationnellement et quelles seront leurs conséquences sur les contrats en cours et les nouveaux investissements.
En synthèse, l'exécutif malien présente ce redressement comme la preuve d'une reprise de contrôle sur un secteur stratégique. Les chiffres avancés — 760 milliards FCFA récupérés en cinq ans — constituent un indicateur fort de l'orientation politique choisie : renforcer les recettes nationales et favoriser l'emploi et l'industrie locales par un encadrement juridique et fiscal plus strict.