Immobilier

Vacances et immobilier: 54% des Français scrutent les prix, mais les banques freinent

Une étude Bricks.co (3 301 répondants) montre que plus d’un Français sur deux regarde les prix immobiliers pendant ses congés. Pourtant, un tiers a déjà vu son projet bloqué par un refus bancaire ou une dissuasion.

Vacances et immobilier: 54% des Français scrutent les prix, mais les banques freinent
©Illustration IA Laura Chevalier / renseignementeconomique.fr

Un réflexe d’été qui dit beaucoup du marché

Dans les vitrines des agences, sur une appli ou au détour d’une balade, la curiosité immobilière ne prend pas de congés. Selon une étude diffusée le 20 juillet 2026 par la plateforme de crowdfunding immobilier Bricks.co, 54% des personnes interrogées déclarent regarder les prix dans la région où elles séjournent en vacances, dont 9% le font

« systématiquement »
. Un signe tangible que l’arbitrage logement reste central, même hors saison de déménagement. Derrière un coup d’œil en vitrine, chacun se projette en mensualités, en mètres carrés ou en rentabilité locative potentielle.

Des projets concrets, du résidentiel à la location

L’appétit d’achat demeure diversifié. Sur l’échantillon représentatif de 3 301 répondants, 27% souhaitent acquérir leur résidence principale. Les autres vecteurs d’investissement mobilisent aussi : 15% visent l’achat pour louer à l’année, 11% envisagent une location de courte durée type plateformes, 8% veulent une résidence secondaire et 4% se projettent dans la rénovation. Au global, seuls 19% déclarent ne pas vouloir investir dans la pierre.

Projet évoquéPart des répondants
Regardent les prix en vacances54% (dont 9% systématiquement)
Achat résidence principale27%
Investissement locatif (année)15%
Location courte durée11%
Résidence secondaire8%
Rénovation4%
Ne souhaitent pas investir19%

Le financement, premier goulot d’étranglement

L’étude révèle une réalité budgétaire : la faisabilité cale souvent au moment du crédit. Un peu plus de 4 répondants sur 10 (42%) ont déjà dû renoncer à un projet immobilier. Dans le détail, 22% ont laissé tomber l’achat de leur résidence principale, 7% une résidence secondaire et 5% un investissement locatif. La cause majeure ? Le filtre bancaire : près d’un tiers (32%) ont essuyé un refus ou un blocage de leur banque. Parmi eux, 17% se sont vu refuser un crédit immobilier, 10% disent avoir été dissuadés de déposer un dossier, quand 5% ont finalement obtenu un prêt auprès d’un autre établissement.

Étape de financementIndicateur
Ont renoncé à un projet42%
Renoncement résidence principale22%
Renoncement résidence secondaire7%
Renoncement investissement locatif5%
Blocage bancaire (au total)32%
Crédit refusé17%
Dissuadés de déposer un dossier10%
Prêt obtenu ailleurs5%

Ce que cela change côté acheteurs

Concrètement, ces chiffres traduisent un tri plus sévère des dossiers. Entre taux, assurance et reste à vivre, l’équation se joue en mensualité nette compatible avec le budget. Le vacancier qui calcule un loyer de marché pour un futur meublé de courte durée ou pour une location annuelle sait que l’acceptation bancaire conditionne la surface achetable, le délai de réalisation et parfois l’arbitrage entre ancien à rénover et neuf clé en main. Un refus ou une dissuasion oblige à reconfigurer : viser une surface plus petite, s’éloigner du centre ou différer le calendrier.

Vers des guichets spécialisés ?

L’étude sonde aussi l’appétence pour des circuits alternatifs. 65% des répondants se déclarent intéressés par une banque dédiée à 100% à l’immobilier, regroupant épargne, crédit, crowdfunding et conseil. Ce point n’est pas anodin : Bricks.co indique porter un projet de rachat d’une banque européenne pour bâtir une plateforme de financement et d’accompagnement. Reste que 19% préfèrent s’en tenir à leur banque actuelle, et 5% disent ne pas faire confiance à un établissement spécialisé uniquement dans l’immobilier.

  • Appétit d’achat soutenu, y compris en vacances, mais embouteillage au financement.
  • Des arbitrages concrets : surface ciblée, type de location, rythme des travaux et calendrier de signature.
  • Émergence d’offres financières dédiées qui pourraient fluidifier les parcours, sans consensus des usagers.

Une boussole pour la rentrée immobilière

Regarder les prix sur son lieu de villégiature n’est pas qu’un réflexe de curieux : c’est souvent la première étape d’un projet, au croisement d’un budget de mensualités soutenable, d’une surface et d’une rentabilité réalistes. Les données mises en avant par Bricks.co dressent une carte claire : la demande existe, mais elle bute encore sur l’accès au crédit. La suite dépendra de la capacité des établissements à traiter les dossiers plus finement et des ménages à ajuster leurs ambitions au carré et à l’euro près.

Laura Chevalier
Laura IA Journaliste Immobilier · crédit & financement en ligne

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