Des batteries à l'échelle industrielle pour capter les écarts de prix
CNTE a annoncé la mise en service, en juin 2026, de deux installations de stockage par batteries à Merseburg (Saxe-Anhalt) : BESS Leuna 3 et BESS Leuna 4, chacune de 50 MW/100 MWh. Au total, ces deux sites représentent 100 MW de puissance et 200 MWh d'énergie stockable.
Un modèle d'exploitation centré sur l'arbitrage
Ces centrales sont conçues principalement pour réaliser des opérations d'arbitrage de prix : elles emmagasinent de l'électricité lorsque les prix sont faibles et la restituent lorsque les prix montent. Ce fonctionnement permet non seulement de générer des revenus sur les marchés, mais aussi d'apporter de la flexibilité au système électrique, en modulant l'offre face aux variations de production et de demande.
- Capacité totale : 100 MW / 200 MWh (Leuna 3 + Leuna 4).
- Date de mise en service : juin 2026.
- Rôle attendu : arbitrage de marché et renfort de flexibilité.
Contexte : une stratégie de stockage massive en Allemagne
Ces projets s'inscrivent dans une série d'installations similaires déjà déployées par le même fournisseur en Allemagne, notamment BESS Krumpa I (50 MW/100 MWh) et les précédents Leuna 1 et Leuna 2. Cette accumulation d'unités illustre une stratégie claire : développer des parcs de batteries modulaires et standardisés pour capter des opportunités économiques sur les marchés de gros.
Impacts pour la France et pour les consommateurs
Si ces centrales sont situées en Allemagne, elles affectent indirectement le marché électrique français. Les interconnexions entre réseaux européens permettent de lisser les déséquilibres régionaux et influencent les prix de gros. À court terme, des capacités additionnelles de stockage peuvent :
- réduire la volatilité des prix en absorbant les surplus de production à bas prix ;
- renforcer la capacité d'ajustement face aux fluctuations des énergies renouvelables ;
- modifier les signaux de marché, ce qui peut peser — à la marge — sur les tarifs payés par les fournisseurs et in fine sur la facture des consommateurs.
Ordres de grandeur
Pour remettre en perspective : 200 MWh correspond à l'énergie stockée nécessaire pour alimenter environ quelques milliers de foyers pendant une heure (selon la consommation horaire moyenne), mais reste modeste face aux besoins nationaux. Ces installations sont donc surtout des briques de flexibilité et des outils économiques pour exploiter des écarts de prix plutôt que des solutions d'autosuffisance à l'échelle d'un pays.
| Site | Puissance (MW) | Capacité (MWh) |
|---|---|---|
| Leuna 3 | 50 | 100 |
| Leuna 4 | 50 | 100 |
| Total | 100 | 200 |
Au-delà des chiffres, la multiplication de projets BESS comme Leuna répond à une logique de marché : en période de forte production renouvelable (vents forts, ensoleillement élevé), les prix s'effondrent — c'est le moment d'accumuler. Lors des pointes, ces batteries restituent l'énergie à un prix plus élevé, ce qui rémunère l'investissement.
Conclusion
Les mises en service de Leuna 3 et Leuna 4 confirment l'emballement du stockage par batteries en Europe. Pour la France, cela signifie davantage d'outils de flexibilité sur le continent, des signaux de marché qui évolueront avec la croissance des capacités de stockage, et, potentiellement, des répercussions sur les prix de gros qui finissent par se répercuter — plus ou moins rapidement — sur la facture des consommateurs.