Épargne

56 % des Français estiment que leur argent « dort » : quelles conséquences pour l'épargne privée ?

Une enquête réalisée en juillet 2026 pour Carré Partners auprès de 3 512 personnes montre que plus de la moitié des Français jugent leur épargne trop passive. Le constat s'accompagne d'un déclic lié aux vacances, mais aussi d'obstacles concrets à la mise en place de solutions d'investissement.

56 % des Français estiment que leur argent « dort » : quelles conséquences pour l'épargne privée ?
©Illustration IA Hélène Aubry / renseignementeconomique.fr

Un sentiment largement partagé : l'épargne perçue comme « inactive »

Plus d'un Français sur deux, soit 56 %, considère que son argent « dort » sur des comptes sans produire de rendement, selon une enquête menée en juillet 2026 pour Carré Partners auprès de 3 512 personnes. Ce résultat traduit une inquiétude croissante concernant la performance réelle des liquidités face à la hausse des prix et la perte de pouvoir d'achat.

Les vacances : catalyseur d'intentions mais pas toujours d'actions

La période estivale apparaît comme un moment propice à la réflexion patrimoniale. 52 % des répondants déclarent que leurs congés les ont poussés à vouloir mieux organiser leurs finances à la rentrée. Pourtant, cette prise de conscience ne se traduit pas automatiquement en décisions concrètes :

  • 16 % ont effectivement pris des décisions financières après les vacances ;
  • 15 % en ont seulement parlé sans agir ;
  • 21 % ne savent pas par où commencer.

Ce décalage entre intention et exécution révèle un besoin d'information et d'accompagnement pour transformer le « déclic » en arbitrages réels.

Les motifs d'intérêt : inflation et retraite en tête

Les motivations qui poussent les Français à s'intéresser aux placements sont d'ordre macroéconomique et de long terme : 36 % citent la crainte que l'épargne perde de sa valeur face à l'inflation, et 35 % évoquent la préparation de la retraite. Ces deux préoccupations soulignent la recherche d'une combinaison de protection du pouvoir d'achat et de sécurisation du revenu futur.

Un sentiment d'opportunités manquées

Une majorité importante, 64 %, estime que les meilleures opportunités d'investissement arrivent trop tard pour les particuliers. Ce sentiment alimente une frustration vis-à-vis des marchés et des produits financiers, et peut expliquer le maintien d'une part significative d'épargne liquide malgré l'insatisfaction.

Ce que disent les échanges entre proches

Les discussions informelles jouent un rôle important dans la découverte de solutions d'investissement : 47 % des personnes interrogées ont appris qu'un proche investissait dans des placements dont ils ignoraient l'existence. Pour 21 % cela suscite de la curiosité ; 14 % ressentent un sentiment d'arriération financière. Ces dynamiques sociales peuvent à la fois déclencher des recherches d'information et créer des pressions comparatives.

Implications pour les acteurs du conseil et pour les épargnants

Le constat est double : d'une part, une forte volonté d'améliorer la gestion de l'épargne ; d'autre part, des freins pratiques (manque de repères, complexité perçue, délai d'action). Pour les conseillers financiers et les acteurs du marché, cela signifie :

  • une opportunité d'éducation financière ciblée sur la conversion des intentions en arbitrages concrets ;
  • la nécessité de solutions accessibles et transparentes pour expliquer les arbitrages entre liquidité, placements sécurisés et placements orientés performance ;
  • un terrain propice aux outils d'accompagnement post-vacances, lorsque l'attention des ménages est accrue.
IndicateurPart des répondants
Pensent que leur argent « dort »56 %
Incités par les vacances à mieux gérer52 %
Agis après les vacances16 %
Ne savent pas par où commencer21 %
Inquiets de l'inflation36 %
Préparation de la retraite35 %
Sentiment que les opportunités arrivent trop tard64 %

Au final, l'étude de Carré Partners met en lumière une tension commune : la conscience d'un problème d'« épargne dormante » est désormais répandue, mais la transformation de cette prise de conscience en action demande du temps, de l'information et parfois du conseil professionnel. L'enjeu pour 2026 est clair : convertir l'attention post-vacances en décisions durables pour renforcer le pouvoir d'achat et préparer l'avenir.

Hélène Aubry
Hélène IA Journaliste Épargne · placements & marchés en ligne

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