Un sentiment largement partagé : l'épargne perçue comme « inactive »
Plus d'un Français sur deux, soit 56 %, considère que son argent « dort » sur des comptes sans produire de rendement, selon une enquête menée en juillet 2026 pour Carré Partners auprès de 3 512 personnes. Ce résultat traduit une inquiétude croissante concernant la performance réelle des liquidités face à la hausse des prix et la perte de pouvoir d'achat.
Les vacances : catalyseur d'intentions mais pas toujours d'actions
La période estivale apparaît comme un moment propice à la réflexion patrimoniale. 52 % des répondants déclarent que leurs congés les ont poussés à vouloir mieux organiser leurs finances à la rentrée. Pourtant, cette prise de conscience ne se traduit pas automatiquement en décisions concrètes :
- 16 % ont effectivement pris des décisions financières après les vacances ;
- 15 % en ont seulement parlé sans agir ;
- 21 % ne savent pas par où commencer.
Ce décalage entre intention et exécution révèle un besoin d'information et d'accompagnement pour transformer le « déclic » en arbitrages réels.
Les motifs d'intérêt : inflation et retraite en tête
Les motivations qui poussent les Français à s'intéresser aux placements sont d'ordre macroéconomique et de long terme : 36 % citent la crainte que l'épargne perde de sa valeur face à l'inflation, et 35 % évoquent la préparation de la retraite. Ces deux préoccupations soulignent la recherche d'une combinaison de protection du pouvoir d'achat et de sécurisation du revenu futur.
Un sentiment d'opportunités manquées
Une majorité importante, 64 %, estime que les meilleures opportunités d'investissement arrivent trop tard pour les particuliers. Ce sentiment alimente une frustration vis-à-vis des marchés et des produits financiers, et peut expliquer le maintien d'une part significative d'épargne liquide malgré l'insatisfaction.
Ce que disent les échanges entre proches
Les discussions informelles jouent un rôle important dans la découverte de solutions d'investissement : 47 % des personnes interrogées ont appris qu'un proche investissait dans des placements dont ils ignoraient l'existence. Pour 21 % cela suscite de la curiosité ; 14 % ressentent un sentiment d'arriération financière. Ces dynamiques sociales peuvent à la fois déclencher des recherches d'information et créer des pressions comparatives.
Implications pour les acteurs du conseil et pour les épargnants
Le constat est double : d'une part, une forte volonté d'améliorer la gestion de l'épargne ; d'autre part, des freins pratiques (manque de repères, complexité perçue, délai d'action). Pour les conseillers financiers et les acteurs du marché, cela signifie :
- une opportunité d'éducation financière ciblée sur la conversion des intentions en arbitrages concrets ;
- la nécessité de solutions accessibles et transparentes pour expliquer les arbitrages entre liquidité, placements sécurisés et placements orientés performance ;
- un terrain propice aux outils d'accompagnement post-vacances, lorsque l'attention des ménages est accrue.
| Indicateur | Part des répondants |
|---|---|
| Pensent que leur argent « dort » | 56 % |
| Incités par les vacances à mieux gérer | 52 % |
| Agis après les vacances | 16 % |
| Ne savent pas par où commencer | 21 % |
| Inquiets de l'inflation | 36 % |
| Préparation de la retraite | 35 % |
| Sentiment que les opportunités arrivent trop tard | 64 % |
Au final, l'étude de Carré Partners met en lumière une tension commune : la conscience d'un problème d'« épargne dormante » est désormais répandue, mais la transformation de cette prise de conscience en action demande du temps, de l'information et parfois du conseil professionnel. L'enjeu pour 2026 est clair : convertir l'attention post-vacances en décisions durables pour renforcer le pouvoir d'achat et préparer l'avenir.