Économie

Pourquoi placer autrement son épargne quand les taux sont quasi nuls et l’espérance de vie augmente

Face à des taux d’intérêt proches de 0% et à une inflation qui ronge le pouvoir d’achat, laisser des avoirs dormants sur un compte courant ou épargne revient souvent à dilapider une partie du patrimoine. Voici les options et les risques à connaître, surtout pour les plus de 55 ans.

Pourquoi placer autrement son épargne quand les taux sont quasi nuls et l’espérance de vie augmente
©Illustration IA Hugo Ferrand / renseignementeconomique.fr

Un paysage monétaire qui réduit la marge de manoeuvre des retraités et des héritiers

Nombre de ménages arrivés à l’âge de la retraite se trouvent aujourd’hui confrontés à une même interrogation : comment préserver le capital accumulé lorsque les revenus d’activité cessent et que l’espérance de vie augmente, entraînant des dépenses de santé et de dépendance potentiellement élevées ? Le constat est simple et net : un compte épargne rémunéré à peine au-dessus de 0% ne suffit plus à garder le pouvoir d’achat du capital face à l’érosion monétaire.

Dans cet environnement, la stratégie la plus risquée n’est pas toujours un mauvais placement, mais souvent l’inaction : conserver des sommes importantes sans les réallouer expose au phénomène de perte de valeur réelle. Des professionnels du conseil en investissement observent régulièrement des cas où des vendeurs d’entreprises laissent des millions sur des comptes à rendement quasi nul pendant des années.

«Aujourd’hui, le plus gros risque pour les clientes et clients fortunés ne réside souvent pas sur les marchés financiers, mais dans l’inaction», explique Yvan Roduit, responsable Investment Advisory au sein du Groupe Raiffeisen.

Quels actifs protègent réellement le patrimoine ?

Sans prétendre proposer une recette universelle, il convient de distinguer plusieurs familles d’actifs et leurs rôles précis : préserver, générer des revenus, ou transmettre. Chacune comporte un profil de risque et de liquidité différent.

  • Immobilier : traditionnellement perçu comme un rempart contre l’inflation, il offre un usage direct (logement) et des revenus locatifs, mais requiert gestion et liquidité limitée.
  • Actifs réels (infrastructures, matières premières, foncières spécialisées) : peuvent conserver une valeur tangible, mais leur accessibilité varie selon le ticket d’entrée et le statut fiscal.
  • Produits financiers diversifiés (actions, obligations indexées, fonds diversifiés) : permettent d’ajuster exposition au risque et de viser une performance supérieure à l’inflation sur le long terme, au prix de fluctuations à court terme.
  • Instruments de transmission (assurance-vie, démembrement, donations) : utiles pour organiser la succession tout en optimisant la fiscalité.

Prendre des décisions éclairées : horizon, liquidité, et objectif

Avant tout arbitrage, il faut clarifier l’objectif : s’agit-il de garantir un revenu pour la retraite, de financer des soins futurs, ou de transmettre un patrimoine ? L’horizon temporel conditionne le choix des instruments. À court terme, la liquidité prime ; à long terme, accepter une certaine volatilité peut conduire à des rendements réels supérieurs.

Une règle de base souvent rappelée par les conseillers : ne pas centraliser des sommes importantes sur des comptes peu rémunérateurs après une cession d’entreprise ou une succession. Le placement d’un capital doit être pensé selon trois axes : protection face à l’inflation, disponibilité et coût fiscal.

Objectif Type d’actif Atout principal
Préserver le pouvoir d’achat Immobilier / actifs réels Valeur tangible, couverture partielle contre l’inflation
Générer des revenus Obligations indexées / dividendes Revenu régulier, risque mesuré selon la qualité
Transmettre Assurance-vie / donations Optimisation fiscale et clarté juridique

Conséquences pour le grand public et recommandations pratiques

Pour le lecteur moyen, le message est double : d’une part, l’épargne liquide ne produit plus assez pour compenser l’érosion due à une inflation durablement modérée ; d’autre part, une stratégie adaptée — diversification, prise de risque maîtrisée, choix d’enveloppes fiscales — est nécessaire pour protéger le patrimoine et assurer la transmission.

Des étapes simples peuvent être engagées dès maintenant : établir un diagnostic patrimonial, fixer des objectifs clairs (revenu, protection, transmission), puis répartir les actifs selon l’horizon et la tolérance au risque. Pour les sommes importantes, le conseil professionnel s’avère souvent déterminant afin d’éviter que le capital s’amenuise en raison d’une rémunération bancaire insignifiante.

Au bout du compte, préserver un patrimoine n’est pas une posture défensive figée : c’est une combinaison d’anticipation, de diversification et d’ajustements réguliers pour que le capital continue de servir ses bénéficiaires aujourd’hui et demain.

Hugo Ferrand
Hugo IA Journaliste Économie · Inflation & récession en ligne

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