Ce qui change au 1er septembre 2026
Deux décrets publiés au Journal officiel le 31 juillet 2026 modifient les règles applicables aux femmes ayant eu un ou plusieurs enfants. Les textes introduisent deux mesures distinctes : la conversion de certains trimestres « maternité » en trimestres cotisés pour l'accès à la retraite anticipée pour carrières longues, et une révision du nombre d'années retenues pour le calcul du salaire moyen servant à la pension.
Qui peut en bénéficier ?
Les décrets visent les femmes ayant eu un enfant (ou plusieurs) et qui ont commencé à travailler tôt, susceptibles de prétendre à une retraite anticipée pour carrière longue. Selon une estimation relayée par la presse, l'impact est circonscrit :
- 3 % des femmes nées en 1970 seraient concernées, soit un peu plus de 13 000 personnes.
"Le gouvernement a estimé que la mesure bénéficierait à 3 % des femmes nées en 1970, soit plus de 13 000 femmes."
Les deux mesures expliquées pas à pas
Voici la mécanique concrète, décryptée en étapes.
- Trimestres maternité comptés comme cotisés : jusque-là, les trimestres « supplémentaires » attribués aux mères n'étaient pas systématiquement pris en compte comme trimestres cotisés pour l'ouverture du droit à la retraite anticipée pour carrière longue. À compter du 1er septembre 2026, deux de ces trimestres pourront être assimilés à des trimestres cotisés, permettant à certaines femmes d'atteindre plus facilement le nombre nécessaire pour partir plus tôt.
- Révision du nombre d'années retenues pour le calcul de la pension : jusqu'ici, le montant de la pension du régime de base était calculé à partir des 25 meilleures années de salaire. Le nouveau régime réduit ce compteur : il passera à 24 années pour les femmes ayant eu un enfant et à 23 années pour celles ayant eu deux enfants ou plus. Cette modification modifie la base de calcul du salaire annuel moyen.
Quel effet sur la pension et l'âge de départ ?
Ces ajustements ont deux conséquences distinctes :
- Sur l'âge de départ : la prise en compte de deux trimestres comme cotisés peut rapprocher certaines femmes du seuil exigé pour la retraite anticipée (carrières longues), et donc permettre un départ avant l'âge légal lorsqu'elles remplissent les autres conditions (démarrage précoce de l'activité, nombre total de trimestres requis, etc.).
- Sur le montant de la pension : réduire le nombre d'années retenues pour le calcul du salaire moyen (de 25 à 24 ou 23) signifie que les périodes les moins rémunératrices peseront moins dans la moyenne, ce qui peut augmenter légèrement la pension finale pour les mères concernées.
Portée réelle et limites
Les spécialistes et les services de l'État soulignent que l'effet global reste limité. L'estimation citée plus haut indique que la mesure de trimestres cotisés concernerait une minorité d'assurées (quelques pourcents d'une cohorte). De plus, l'augmentation potentielle du montant de la pension dépendra fortement du profil salarial de chacune et de la manière dont la nouvelle moyenne interagit avec les autres périodes de carrière (temps partiel, interruptions, faibles salaires).
Ce qu'il faut vérifier pour savoir si vous êtes concernée
Pour savoir si ces mesures vous concernent :
- Consultez votre relevé de carrière (Assurance retraite, Agirc‑Arrco) pour vérifier le nombre de trimestres inscrits et la nature des trimestres « maternité ».
- Vérifiez votre date de naissance et la date de début d'activité : la retraite anticipée pour carrière longue dépend d'un âge de départ lié à l'année de naissance et au nombre de trimestres cotisés.
- Contactez votre caisse pour obtenir une simulation personnalisée qui intègre ces nouvelles règles.
| Mesure | Avant | À partir du 1er sept. 2026 |
|---|---|---|
| Trimestres maternité pour carrière longue | Trimestres supplémentaires non toujours considérés comme cotisés | Jusqu'à 2 trimestres peuvent être pris en compte comme cotisés |
| Années retenues pour le calcul | 25 meilleures années | 24 ans si 1 enfant; 23 ans si ≥2 enfants |
Ces ajustements visent à corriger, partiellement, les désavantages subis par les femmes en raison des interruptions liées à la maternité et des carrières hachées. Leur effet global reste cependant ciblé et dépendra du profil individuel de chaque assurée. Pour une évaluation précise, une simulation auprès de sa caisse de retraite reste indispensable.