Un retour en arrière encadré et des ajustements ciblés
Le calendrier de la précédente réforme des retraites a été profondément revu : la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, validée par le Conseil constitutionnel le 30 décembre 2025, efface l’application du relèvement de l’âge issue de la réforme de 2023 et fixe un nouveau cadre applicable à partir du 1er septembre 2026. Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, avait annoncé cette suspension en affirmant que «
aucun relèvement de l’âge n’interviendra à partir de maintenant jusqu’en janvier 2028». La mesure s’accompagne néanmoins d’autres modifications, notamment un durcissement du cumul emploi‑retraite prévu dès 2027.
Ce qui change pour les âges et la durée d’assurance
Le point central de la loi est la révision des âges légaux et des durées de cotisation pour certaines générations. Les nouvelles dispositions abaissent l’âge de départ et ajustent le nombre de trimestres requis pour ouvrir droit à une retraite à taux plein. Exemples précis cités dans le texte :
- Personnes nées en 1964 : âge ramené à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres (au lieu de 63 ans et 171 trimestres prévus par la loi de 2023).
- Personnes nées en 1968 : âge fixé à 63 ans et 9 mois au lieu de 64 ans selon la précédente loi.
| Génération | Âge prévu (2026) | Trimestres requis |
|---|---|---|
| 1964 | 62 ans 9 mois | 170 |
| 1968 | 63 ans 9 mois | non spécifié dans la source |
Dispositions pour carrières longues et mères de famille
La loi adapte également le régime des départs anticipés liés aux carrières longues. Elle introduit une mesure attendue : la prise en compte comme « réputés cotisés » de deux trimestres de majoration pour enfant. Concrètement, cela facilite l’ouverture du droit pour des personnes (souvent des femmes) ayant interrompu ou aménagé leur carrière pour élever des enfants. La source précise que cette disposition devrait permettre à de nombreuses femmes ayant débuté leur activité professionnelle tôt de bénéficier d’un départ anticipé.
Un moratoire jusqu’à 2028 et des étapes à venir
La suspension du calendrier issu de la réforme de 2023 s’applique jusqu’en janvier 2028. À cette échéance, une nouvelle loi devra être votée pour établir des règles pérennes. Entre‑temps, des mesures complémentaires sont prévues : le texte évoque notamment un durcissement des règles relatives au cumul emploi‑retraite applicable dès 2027.
Conséquences pratiques et calendrier pour les assurés
Plusieurs enseignements pratiques se dégagent pour les actifs concernés :
- Les personnes nées autour des années citées doivent recalculer leur stratégie de départ à la retraite en tenant compte des nouveaux âges et trimestres.
- Les bénéficiaires potentiels des dispositifs carrières longues et majorations pour enfants doivent vérifier leurs droits et constituer les justificatifs de période de travail et d’enfants pour solliciter la reconnaissance de trimestres « réputés cotisés ».
- Les personnes souhaitant cumuler emploi et retraite devront suivre l’évolution du cadre réglementaire avant de prendre une décision d’arrêt total d’activité.
La réforme de 2026 redessine donc le paysage des départs à la retraite en annulant les hausses prévues par la réforme de 2023 pour plusieurs générations tout en aménageant des dispositifs ciblés. Elle crée une période transitoire jusqu’à 2028 pendant laquelle des règles supplémentaires pourront encore être adoptées ; les assurés concernés gagneront à anticiper et à vérifier leur relevé de carrière dès à présent.