Une entrée en vigueur au 1er septembre 2026 qui bouleverse le mode de calcul
Les règles de calcul des pensions pour les mères évoluent officiellement à compter du 1er septembre 2026. Deux textes, publiés au Journal officiel fin juillet, doivent désormais s’appliquer : le décret n° 2026-699 et le décret n° 2026-700. Ils découlent des dispositions adoptées dans la Loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 et visent à atténuer les effets des carrières interrompues ou à temps partiel, fréquentes lors de l’éducation des enfants.
Ce qui change concrètement pour le calcul de la pension
La première modification porte sur la période de référence utilisée pour déterminer la moyenne des revenus servant de base au montant de la pension. Là où le système retenait jusque-là les 25 meilleures années, le décret n° 2026-699 réduit ce nombre :
- pour une mère d’un enfant, la pension sera calculée sur les 24 meilleures années ;
- pour une mère de deux enfants ou plus, le calcul prendra en compte les 23 meilleures années.
En retirant des années peu rémunératrices de la moyenne, la mécanique accroît mécaniquement le revenu annuel de référence et donc le montant de la pension pour les profils concernés.
Un coup de pouce aux carrières longues
Le décret n° 2026-700 modifie par ailleurs l’accès au dispositif de carrières longues, jusqu’ici peu favorable aux parcours hachés. Il autorise la prise en compte, dans la période réputée cotisée, des majorations et bonifications liées aux enfants, dans la limite de deux trimestres par assuré. Cette disposition vise à reconnaître comme périodes assimilées, et donc à créditer en durée d’assurance, certains temps consacrés à l’éducation.
« la prise en compte de bonifications ou de majorations de durée d'assurance attribuées au titre des enfants dans la période réputée cotisée, dans la limite de deux trimestres par assuré. »
À qui profite réellement la mesure ?
Techniquement, les ajustements favorisent des assurées dont le parcours comporte des années à faibles salaires ou des interruptions longues : en éliminant une ou deux années faibles du calcul, le revenu moyen augmente. En revanche, plusieurs analystes et associations soulignent que ce type de correctif ne suffit pas nécessairement à résorber l’écart structurel entre les pensions hommes-femmes, hérité de décennies de travail à temps partiel et de carrières interrompues.
Conséquences pratiques et questions ouvertes
Concrètement, les bénéficiaires verront apparaître un recalcul à l’occasion du prochain calcul de leur pension. Reste à savoir :
- quelle sera la durée d’effet et l’ampleur du bénéfice pour chaque profil ;
- si les bonifications supplémentaires suffiront à permettre un meilleur accès aux règles « carrières longues » ;
- comment les caisses traduiront ces décrets dans la pratique administrative et les communications aux assurées.
Repères chiffrés
| Élément | Règle avant | Nouvelle règle (à compter du 01/09/2026) |
|---|---|---|
| Années prises en compte | 25 meilleures années | 24 (mère 1 enfant) ; 23 (mère ≥2 enfants) |
| Bonifications prises en compte | Non intégrées dans la période réputée cotisée | Oui, jusqu’à 2 trimestres par assuré |
Ces textes sont pensés pour réduire la pénalité financière liée à la parentalité. Leur impact réel devra cependant être mesuré dans le temps, au regard des niveaux de pension effectivement versés et de l’évolution des inégalités entre sexes dans le système de retraite.
Quels prochains rendez-vous ? Les bénéficiaires attendent désormais les circulaires et les modes opératoires des caisses de retraite pour connaître l’application précise de ces mesures à leurs dossiers. L’évaluation de l’efficacité de la réforme passera par des études statistiques et des retours de terrain sur les montants effectivement majorés.