Un accord intergouvernemental qui change l’échelle régionale
La Cédéao a approuvé la construction du gazoduc Nigeria–Maroc (NMGP), première étape décisive pour un corridor gazier d’environ 6 000 km le long de la façade atlantique. Signé lors du sommet ordinaire de l’institution régionale à Freetown, l’accord précise que l’ouvrage traversera 13 pays afin d’acheminer des volumes substantiels de gaz nigérian jusqu’au royaume chérifien, où il sera connecté au Gazoduc Maghreb–Europe (GME).
« Nous avons signé l'accord relatif au gazoduc Afrique de l'Ouest-Maroc, ne soyez pas surpris lorsque le gaz arrivera chez vous »
Par cette déclaration, le président en exercice de la Cédéao, le chef d’État sierra-léonais Julius Maada Bio, a souligné l’ambition d’un projet pensé dès 2016 et désormais doté d’un cadre politique commun.
Objectifs: intégrer les marchés énergétiques ouest-africains et ouvrir un corridor vers l’Europe
Dans un communiqué conjoint, l’ONHYM (Office national des hydrocarbures et des mines du Maroc) et la NNPC (Nigerian National Petroleum Corporation) présentent le NMGP comme un instrument pour relier les ressources gazières d’Afrique de l’Ouest aux principaux centres de consommation régionaux, tout en consolidant l’intégration des marchés et en créant un nouveau corridor de développement reliant l’Afrique de l’Ouest, les États du Sahel, le Maroc et l’Europe. L’adossement au GME positionne le tracé comme une future porte d’entrée potentielle vers les réseaux européens, avec à la clé un levier supplémentaire pour l’équilibre gazier du continent.
Gouvernance du projet et calendrier annoncés
Les promoteurs détaillent les prochaines étapes: la création d’une société de projet basée à Casablanca, la mise en place de l’autorité de gouvernance du Gazoduc (Pipeline Higher Authority) à Abuja, puis la mobilisation des investisseurs avant la décision finale d’investissement. Selon une source au sein de l’ONHYM, le démarrage des travaux est visé en 2028 pour des premières livraisons en 2031.
| Élément | Donnée clé |
|---|---|
| Longueur estimée | ≈ 6 000 km |
| Pays traversés | 13 |
| Connexion | GME (Maghreb–Europe) |
| Siège société de projet | Casablanca |
| Autorité de gouvernance | Abuja |
| Travaux | 2028 |
| Premières livraisons | 2031 |
Ce que cela signifie pour les marchés et, in fine, pour la facture
Pour l’Afrique de l’Ouest, l’enjeu est double: sécuriser l’approvisionnement des centres urbains et stimuler l’industrialisation par une énergie de transition disponible à grande échelle. Pour l’Europe, l’interconnexion annoncée via le GME ajoute une option de diversification des sources, dans un contexte où l’architecture d’approvisionnement reste un facteur clé de la volatilité des prix. Le calendrier communiqué – travaux à partir de 2028, premières livraisons en 2031 – renvoie à un horizon de moyen terme: les effets potentiels sur les cours et, par ricochet, sur les contrats indexés resteront donc progressifs et dépendants de l’exécution du projet et des décisions d’investissement à venir.
Étapes suivantes: structuration financière et cap sur l’exécution
La signature intergouvernementale ne clôt pas le processus: la mobilisation d’investisseurs, la création des entités de gouvernance et la préparation de la décision finale d’investissement conditionneront la trajectoire. La séquence institutionnelle annoncée – Casablanca pour la société de projet, Abuja pour l’autorité du pipeline – vise à donner un cadre opérationnel clair avant l’entrée en phase de chantier. À ce stade, les promoteurs présentent le NMGP comme une infrastructure de sécurité énergétique et d’intégration régionale, inscrite dans une dynamique lancée en 2016.
- Accord intergouvernemental signé à Freetown par les chefs d’État de la Cédéao.
- Tracé côtier d’environ 6 000 km via 13 pays, connexion prévue au GME.
- Prochaines étapes: société de projet à Casablanca, autorité à Abuja, travaux 2028, livraisons 2031.
Pour les consommateurs européens, l’intérêt se lira dans la capacité du projet à aboutir dans les temps et à acheminer des volumes compétitifs. Dans l’intervalle, la décision de la Cédéao conforte un axe gazier ouest-africain qui, s’il est mené à terme, pourra peser sur les équilibres d’offre et, à terme, sur la formation des prix du gaz.