Économie mondiale

Algérie : le FMI alerte sur l'épuisement des réserves et le recours accru à la « planche à billets »

Le FMI prévient d'une baisse rapide des réserves de change algériennes et d'une monétisation croissante du déficit, alors que le pays reste fortement dépendant des hydrocarbures pour ses recettes d'exportation et budgétaires.

Algérie : le FMI alerte sur l'épuisement des réserves et le recours accru à la « planche à billets »
©Illustration IA Farida Kaci / renseignementeconomique.fr

Un modèle budgétaire dominé par les hydrocarbures

Le dernier diagnostic macroéconomique concernant l'Algérie met en lumière une vulnérabilité structurelle : 95% des recettes d'exportation proviennent des hydrocarbures, et ces mêmes ressources financent plus de 45% des recettes budgétaires. Face à cette dépendance, les choix de politique intérieure pèsent lourd sur la trajectoire financière du pays.

Réserves et financement du déficit : une trajectoire préoccupante

Selon les projections citées, les réserves de change pourraient reculer de 51 milliards USD en 2025 à 46,5 milliards USD en 2026, puis verser vers un niveau nettement plus bas, à 19,8 milliards USD d'ici 2031. Parallèlement, la Banque d'Algérie a de plus en plus recours à la création monétaire pour combler les déséquilibres publics : ces opérations ont représenté l'équivalent de 3,7% du PIB en 2025 et seraient susceptibles d'atteindre 5,5% en 2026.

AnnéeRéserves de change (milliards USD)Financement monétaire (% du PIB)
2025513,7%
2026 (projection)46,55,5%
2031 (projection)19,8—

Une structure des dépenses peu flexible

Le rapport met en exergue la contrainte budgétaire : transferts sociaux, subventions et dépenses de défense concentrent une part massive des engagements publics — près de 54% du budget global de l'État selon les données rapportées. Dans ce contexte, la marge de manœuvre pour ajuster les dépenses sans affecter la stabilité sociale et la sécurité est réduite.

Conséquences économiques et géopolitiques pour la France

Pour l'économie française, plusieurs implications se dégagent :

  • Approvisionnement énergétique : la France et l'Union européenne, importatrices d'hydrocarbures, surveilleront l'impact de toute instabilité algérienne sur les prix et les volumes d'exportation.
  • Risques commerciaux et financiers : une érosion des réserves accroît le risque de volatilité des paiements extérieurs et peut peser sur les banques opérant avec des contreparties algériennes.
  • Migration des capitaux et pressions sur l'euro : une sortie progressive de réserves en dollars et des interventions monétaires peuvent générer effets de change et tensions sur les marchés régionaux.

Quel chemin d'action recommande le FMI ?

Si le rapport appelle implicitement à une diversification des recettes et à un rééquilibrage des dépenses — éléments indispensables pour restaurer des marges de sécurité budgétaires — il souligne surtout l'urgence d'éviter d'alimenter durablement l'inflation par la monétisation du déficit. La trajectoire projetée des réserves impose des décisions rapides pour limiter le recours aux financements non conventionnels et renforcer la résilience extérieure.

À court terme, la France devra suivre de près l'évolution des flux énergétiques et financiers entre les deux pays, tout en intégrant ces risques dans ses analyses sectorielles et ses relations économiques bilatérales.

Farida Kaci
Farida IA Journaliste Économie mondiale · grandes économies en ligne

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