Le recul du taux du Livret A et ses effets
Depuis la réforme des taux, le Livret A a vu sa rémunération chuter après un pic à 3 %. Le taux est tombé à 1,5 % récemment et sera de 1,7 % au 1er août, entraînant un ralentissement de la collecte — et, selon certains observateurs, des retraits partiels qui profitent notamment à l'assurance-vie.
Ce que dit la Caisse des dépôts
Interrogée sur le risque d'une moindre capacité de financement des projets sociaux (logement à loyers modérés, transition écologique, nouveau nucléaire), la Caisse des dépôts et consignations (CDC), qui gère une part significative des livrets réglementés, se veut rassurante. La CDC détient 60 % des encours des livrets (Livret A, LDDS et LEP), soit environ 400 milliards d'euros.
« Nous avons aujourd’hui 250 milliards d’euros de prêts à notre bilan et 150 milliards d’euros d’actifs financiers qui n’ont pas été traités »,
expliquait Stéphane Magnan, directeur financier du fonds d'épargne à la CDC, pour souligner l'existence de marges de manœuvre.
Des encours en forte hausse sur le long terme
La CDC insiste par ailleurs sur le caractère cyclique de la collecte : après une phase de très forte accumulation d'épargne liée au contexte sanitaire, les volumes stockés sont élevés. Les chiffres cités montrent une augmentation des encours des livrets réglementés de 253 milliards d'euros fin 2018 à 407 milliards d'euros fin 2025, soit un gain de 154 milliards.
- Situation actuelle : ralentissement ou stagnation de la collecte sur les 10 premiers mois de l'année.
- Ressources disponibles : 250 Md€ de prêts au bilan + 150 Md€ d'actifs financiers non liquidés chez la CDC.
- Conséquence annoncée : selon la CDC, le financement du logement social et des projets structurants n'est pas remis en cause.
Arbitrages et perspectives
Le directeur financier de la CDC qualifie la situation de retour à la normale après quatre années de collecte exceptionnellement vigoureuses. La hausse des livrets durant la période Covid a concentré une partie importante de l'épargne des ménages ; le mouvement actuel est présenté comme un simple ajustement de cycle, avec la possibilité d'un nouveau retournement dans les années à venir.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Encours livrets réglementés (fin 2018) | 253 Md€ |
| Encours livrets réglementés (fin 2025) | 407 Md€ |
| Part gérée par la CDC | 60 % (~400 Md€) |
| Ressources mobilisables (CDC) | 250 Md€ de prêts + 150 Md€ d'actifs |
Ce que cela signifie pour l'épargnant et pour les projets publics
Concrètement, la baisse du taux rend le Livret A moins attractif comparé à des produits tels que l'assurance-vie, ce qui explique une partie des mouvements de trésorerie observés. Pour le financement public, la CDC assure disposer d'un stock de prêts et d'actifs suffisants pour poursuivre ses engagements. Reste que l'évolution de la collecte à moyen terme dépendra des taux d'intérêt, des comportements d'épargne et des arbitrages entre produits réglementés et placements plus rémunérateurs.
La situation reste donc suivie de près : l'impact d'un changement prolongé du comportement des épargnants sur la feuille de route des politiques publiques dépendra de l'ampleur et de la durée de cette nouvelle phase de collecte.