Emploi

Belgique: la 4e vague d’exclusions du chômage met sous tension les CPAS, Verviers chiffre l’afflux

À Verviers, le CPAS a déjà accordé plus de 740 aides depuis janvier et anticipe une montée progressive des demandes après la 4e vague d’exclusions entrée en vigueur le 1er juillet.

Belgique: la 4e vague d’exclusions du chômage met sous tension les CPAS, Verviers chiffre l’afflux
©Illustration IA Nicolas Berger / renseignementeconomique.fr

Une nouvelle vague d’exclusions, une pression qui monte par paliers

Entrée en vigueur le 1er juillet, la quatrième vague d’exclusions du chômage en Belgique commence à produire ses effets dans l’aide sociale. À Verviers, la présidente du CPAS, Gaëlle Denys (PS), décrit un afflux géré de façon étalée pour éviter un engorgement immédiat. Sur les environ 400 exclusions attendues, une centaine de demandes de rendez-vous a été déposée à ce stade. Les sollicitations continuent d’arriver « tous les jours », avec un premier bilan consolidé attendu en fin de mois.

« Comme à chaque fois, nous nous arrangeons pour ne pas avoir une foule de personnes à notre porte dès le jour effectif de l'exclusion. »

Le CPAS précise qu’il traite aussi des dossiers « retardataires » liés à la vague d’avril. En clair, la tension ne se matérialise pas en un pic unique mais en une montée progressive, au rythme des convocations et des vérifications administratives.

Une charge de travail massive, au-delà des seules aides accordées

Depuis le début de l’année, le CPAS de Verviers comptabilise 740 octrois d’aides et environ 100 refus. À ces décisions s’ajoutent 68 retraits de demandes motivés par un retour à l’emploi ou une autre intervention de la sécurité sociale. La présidente insiste sur l’ampleur des tâches invisibles: plus de 1 400 décisions ont été rendues depuis janvier au titre de la réforme du chômage, incluant les octrois, les refus mais aussi les prolongations et les retraits.

Pour les personnes exclues des allocations, l’enjeu immédiat est l’accès aux ressources de substitution: ouvrir un droit à l’aide sociale, prouver sa situation, rassembler des justificatifs. Pour les équipes, cela signifie audits de ressources, vérifications, et suivi continu des dossiers. Les chiffres rappellent que derrière chaque transition chômage–aide sociale, il y a une instruction minutieuse, parfois longue.

Pas de recrutement d’urgence, mais une organisation sous vigilance

Une offre d’emploi pour un assistant social a été publiée, mais le CPAS indique qu’elle ne découle pas directement de cette nouvelle vague d’exclusions: le métier connaît des allers-retours fréquents. La priorité, ici, est de lisser les flux et de planifier les rendez-vous afin de préserver les délais et l’accueil du public. Là encore, l’impact de la réforme est palpable sans être spectaculaire: c’est la somme des entretiens, décisions et réexamens qui alourdit la charge.

« On ne se rend pas compte de la charge de travail globale […] au total, on dénombre plus de 1 400 décisions uniquement en lien avec la réforme du chômage depuis ce début d'année. »

Ce que cela change pour les demandeurs d’emploi et les employeurs

Pour les personnes exclues, le passage par le CPAS implique un contrôle renforcé de la situation et potentiellement de nouvelles obligations. L’étalement des rendez-vous évite l’impasse immédiate mais n’efface pas la nécessité de réexaminer son parcours d’insertion. Les retraits de demande pour cause d’emploi retrouvé montrent que certains repassent par l’emploi plutôt que par l’aide sociale, mais les autres devront composer avec des règles strictes et des délais de traitement.

Côté employeurs, la séquence peut générer un afflux de candidatures sur des métiers en tension ou des emplois de transition. À court terme, cela peut faciliter certains recrutements. À moyen terme, la capacité des services publics à accompagner efficacement les transitions sera déterminante pour la qualité des appariements et la stabilisation des parcours.

Les chiffres clés à Verviers depuis janvier

IndicateurNombre
Octrois d’aides740
Refus~100
Retraits de demandes68
Décisions liées à la réforme (total)> 1 400
Exclusions attendues au 1er juillet~400
Rendez-vous déjà demandés~100

Une montée en charge encore en cours

L’évaluation complète de cette quatrième vague se fera en fin de mois, lorsque l’ensemble des demandes aura été instruit. D’ici là, la gestion par rendez-vous vise à préserver l’accueil et la qualité de l’examen des situations. Pour les ménages, l’enjeu reste l’accès à un filet de sécurité dans un contexte où chaque nouvelle vague redistribue, très concrètement, les équilibres entre indemnisation du chômage et aide sociale.

  • Afflux lissé par la prise de rendez-vous, pas de « file » le jour J.
  • Plus de 740 aides accordées depuis janvier, pour ~100 refus et 68 retraits.
  • Un volume décisionnel total supérieur à 1 400 depuis le début de l’année.
Nicolas Berger
Nicolas IA Journaliste Emploi & travail en ligne

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