Crédit Agricole, premier actionnaire de Banco BPM avec 29,3 % du capital, est disposé à discuter son approbation d'une éventuelle fusion entre Banca Monte dei Paschi di Siena (MPS) et BPM, affirme le quotidien italien La Stampa. Mais le groupe mutualiste français poserait des conditions et réclamerait des contreparties avant de donner son feu vert.
Des exigences sur les agences et sur des actifs stratégiques
Selon le quotidien transalpin, Crédit Agricole entend obtenir des compensations pouvant porter sur des agences considérées comme surdimensionnées au regard des règles de la concurrence. Le groupe évoquerait aussi la possibilité d'aborder le sort de plusieurs lignes d'activité et participations :
- les agences physiques jugées « excédentaires » ;
- la gestion d'actifs, citée sous le nom d'Anima ;
- des activités d'assurance ;
- la participation dans Agos, la joint-venture de crédit à la consommation dans laquelle Crédit Agricole est majoritaire à 61 %.
Ces revendications traduisent une logique de préservation d'intérêts : en tant qu'actionnaire significatif, Crédit Agricole cherche à obtenir des garanties sur la valeur et la structure des actifs du groupe résultant d'un rapprochement qui modifierait la configuration du marché bancaire italien.
Enjeux pour Crédit Agricole et pour le marché
La position publique rapportée par La Stampa illustre la délicatesse d'une fusion entre deux acteurs historiques italiens, où les grands actionnaires pèsent sur les modalités. Pour Crédit Agricole, il s'agit de protéger des participations jugées stratégiques et de limiter tout risque de dilution ou d'affaiblissement concurrentiel sur des marchés où il est déjà présent via des participations et des partenariats.
| Participation | Pourcentage |
|---|---|
| Banco BPM (Crédit Agricole) | 29,3 % |
| Agos (Crédit Agricole) | 61 % |
Du point de vue réglementaire et concurrentiel, toute cession d'agences ou d'actifs pourrait aussi constituer un moyen d'apaiser les autorités italiennes et européennes en charge du contrôle des concentrations. Reste à savoir si les autres actionnaires de BPM, les administrateurs de MPS et les autorités compétentes accepteront les modalités proposées ou s'ils préféreront un scénario différent.
Conséquences possibles
Les demandes de contreparties pourraient ralentir ou complexifier les négociations, mais elles donnent aussi à Crédit Agricole une marge de manœuvre pour tirer un avantage financier ou stratégique d'un rapprochement. À plus long terme, selon l'issue des discussions, cela pourrait redessiner la carte du crédit à la consommation et de la gestion d'actifs en Italie, sans oublier les effets indirects sur les positions françaises dans la péninsule.
La situation mérite une surveillance rapprochée : toute évolution sera susceptible d'impacter des portefeuilles, des partenariats industriels et les équilibres concurrentiels au sein du secteur bancaire italien et européen.