Le mois de janvier n'est plus seulement synonyme de reprise des bonnes résolutions : il est devenu un temps fort de consommation différentielle. Selon les données de Circana publiées cette année, la part en volume des offres sans alcool dans les catégories traditionnellement alcoolisées atteint 4,3 % en janvier 2026, contre 2,4 % en 2020. Cette progression, régulière depuis plusieurs années et particulièrement marquée ces trois dernières éditions, transforme l'équilibre commercial du début d'année.
Une montée régulière et accélérée
La trajectoire est nette : après de faibles parts en 2020-2021, les alternatives désalcoolisées ont gagné du terrain chaque année. Sur la période 2020–2026, la part a augmenté de 1,9 point, avec des accélérations de +0,3 point en 2024, +0,4 point en 2025 et +0,5 point en 2026. À l'inverse, les volumes des catégories alcoolisées en janvier affichent une décrue persistante (indice 90 en 2026, base 100 en 2020), signe d'un transfert effectif de consommation.
- Offres sans alcool : indice 160 en 2026 (base 100 = 2020).
- Catégories alcoolisées : indice 90 en 2026 (base 100 = 2020).
- Part en volume des alternatives sans alcool en janvier : 4,3 % en 2026.
Conséquences pour le pouvoir d'achat et le commerce
Pour le consommateur, cette évolution se traduit par une plus large possibilité de choix et, souvent, par des gammes tarifaires diversifiées. Les alternatives sans alcool couvrent des points de prix variés : des références d'entrée de gamme aux produits premium. Pour un foyer, l'impact sur le budget dépendra du mix d'achat ; il peut aller d'un simple remplacement ponctuel à un changement pérenne des habitudes de consommation en janvier. Les distributeurs, eux, ont un enjeu clair : rendre visibles ces références en rayon pour capter la demande croissante et éviter des ruptures ou des ventes détournées vers d'autres circuits.
| Année | Part en volume (janvier) | Indice (base 100 = 2020) |
|---|---|---|
| 2020 | 2,4 % | 100 |
| 2021 | 2,6 % | 117 |
| 2022 | 3,2 % | 134 |
| 2023 | 3,1 % | 125 |
| 2024 | 3,4 % | 135 |
| 2025 | 3,8 % | 141 |
| 2026 | 4,3 % | 160 |
Offre produit : montée en gamme et disponibilité
La dynamique observée combine plusieurs facteurs : une médiatisation forte du Dry January, une gamme sans alcool qui se professionnalise (goûts plus aboutis, packaging premium) et une meilleure présence en rayon. Les industriels multiplient les innovations — saveurs, recettes, formats — pour séduire un public qui n'est plus uniquement orienté vers le « sans » mais vers une alternative de qualité. Pour les enseignes, la question se pose en termes d'espace alloué et de merchandising : renforcer la visibilité en janvier peut rapporter, mais suppose aussi des arbitrages face aux autres familles saisonnières.
Ce que cela signifie pour le consommateur
Concrètement, un foyer qui choisit davantage d'alternatives sans alcool en janvier peut réduire sa facture liée aux boissons alcoolisées, mais l'effet sur le budget dépendra du positionnement prix des références choisies. À titre d'exemple illustratif (non issu des données), remplacer une bouteille alcoolisée à 8 € par une boisson sans alcool premium à 6–7 € n'entraîne pas nécessairement d'économie, alors qu'opter pour des références sans alcool d'entrée de gamme peut alléger la note.
En somme, le Dry January n'est plus un simple coup médiatique : il structure une partie du marché, impose des choix stratégiques aux acteurs et offre au consommateur une palette d'options plus large — parfois au bénéfice de son porte-monnaie, selon ses arbitrages.