Un écart de pension encore marqué malgré des améliorations générationnelles
Les dernières analyses confirment que, pour les personnes qui liquident aujourd'hui leur retraite, la pension moyenne des femmes est proche de 28 % inférieure à celle des hommes. Cet écart ne s'explique pas uniquement par des différences de salaires : c'est l'ensemble de la trajectoire professionnelle — interruptions, temps partiel, et conséquences liées à la maternité — qui pèse sur les droits acquis.
Les principaux mécanismes qui creusent l'écart
Trois facteurs reviennent systématiquement :
- Interruptions d'activité (congés maternité, périodes d'inactivité) qui réduisent les cotisations et les années de gains élevés ;
- Temps partiel, souvent subi et durable, qui diminue les salaires annuels et donc les bases de calcul ;
- Effet du nombre d'enfants sur les revenus : les inégalités salariales se creusent avec la parentalité.
Les statistiques citées montrent que l'écart de revenus nets entre femmes et hommes est de 14,9 % quand il n'y a pas d'enfant, il passe à 29,2 % avec deux enfants et atteint 42,8 % lorsque le ménage compte trois enfants ou plus. Ces écarts de revenus cumulés se retrouvent au moment de la liquidation des droits.
La réforme prévue : comment elle fonctionne et ses limites
Actuellement, la retraite de base est calculée sur les 25 meilleures années. La réforme annoncée prévoit d'améliorer la prise en compte des interruptions liées à la maternité en réduisant ce nombre d'années retenues :
| Situation | Années prises en compte (avant) | Années prises en compte (à venir) |
|---|---|---|
| Mères d'un enfant | 25 | 24 |
| Mères de ≥2 enfants | 25 | 23 |
« Cette mesure permettrait d'écarter une ou deux années moins rémunératrices (congé maternité, passage à temps partiel…). »
Concrètement, écarter une ou deux années particulièrement basses permet d'augmenter légèrement la moyenne utilisée pour le calcul de la pension. Mais l'effet est limité : quand les revenus ont été durablement plus faibles, la simple exclusion de une ou deux années n'efface pas l'impact de carrières à bas salaires ou de temps partiels répétés.
Conséquences pour les trajectoires professionnelles et les pensions
Pour les femmes dont les revenus ont été relativement stables, la modification offrira un gain modeste. En revanche, celles qui ont connu des baisses prolongées de revenus verront seulement une atténuation partielle de la perte de droits. La réforme est donc utile, mais elle n'est pas suffisante pour combler les inégalités liées aux parcours professionnels différenciés.
Ce qu'il reste à attendre
Le volet réglementaire est encore incomplet : les décrets d'application doivent préciser les modalités exactes d'entrée en vigueur et les calculs pratiques. Sans ces textes, il est difficile de mesurer précisément le gain moyen attendu pour chaque catégorie de retraitées. Le changement de méthode améliore la prise en compte de périodes pénalisantes, mais il ne remplace pas des mesures visant à réduire le temps partiel subi, à améliorer l'égalité salariale et à mieux protéger les droits au cours de la carrière.
À court terme, la réforme annoncée constitue une avancée ciblée ; à moyen terme, d'autres politiques seront nécessaires pour réduire réellement l'écart de pension entre femmes et hommes.