Contexte et enjeu
Environ 20 millions de Français détiennent un contrat d’assurance-vie. Sur les sept premiers mois de l’année, l’assurance-vie a affiché une collecte nette significative : 41,3 milliards d’euros (dépôts moins retraits), selon France Assureurs. Dans ce contexte, la remontée des taux d’intérêt transforme les équilibres du marché et offre une fenêtre d’opportunité aux sociétés d’assurance pour promouvoir les fonds en euros, supports garantis appréciés pour leur sécurité.
Des rendements attendus en hausse mais très hétérogènes
À l’approche des publications de rendement 2026, les prévisions orientent vers une amélioration notable par rapport à 2025. Selon l’expert cité, les taux annoncés en janvier pourraient se situer entre 2,9 % et 3 % en moyenne avant prélèvements sociaux, contre 2,65 % en 2025. Certains anticipent même des moyennes supérieures à 3 %.
« Les taux qui seront annoncés en janvier prochain, devraient être compris entre 2,9 et 3 % en moyenne avant prélèvements sociaux, contre 2,65 % en 2025 »
Des écarts importants entre contrats
La hausse moyenne masque des différences majeures selon les compagnies et les caractéristiques des contrats :
- Des contrats récents, ou optimisés, pourraient proposer des rendements proches de 5 à 6 % dans certains cas ;
- Des contrats anciens, aujourd’hui peu commercialisés, pourraient rester limités à 1,1–1,2 %.
Ces écarts traduisent le poids des mécanismes internes (parcelles d’actifs, politique de distribution des bénéfices, réserves de la compagnie) et renforcent la nécessité pour l’épargnant de comparer les offres plutôt que de considérer un rendement moyen.
Comment les assureurs soutiennent les rendements
Face à la concurrence et à l’attente d’un renforcement de l’attractivité des livrets (impactée par la probable hausse du Livret A liée au retour de l’inflation), plusieurs assureurs pourront recourir à leurs réserves de sécurité pour « doper » ponctuellement les rendements distribués aux assurés. Il s’agit d’un levier temporaire : il permet d’afficher un rendement supérieur au strict revenu généré par les actifs sous-jacents cette année-là.
Conséquences pour les épargnants
La montée des taux rebat les cartes entre placements sans risque et produits plus risqués. Pour les détenteurs d’assurance-vie, l’appétence pour les fonds en euros peut se renforcer, mais l’écart de performance d’un contrat à l’autre impose :
- De vérifier le rendement 2026 annoncé par chaque compagnie et son mode de calcul ;
- De comparer les contrats récents et anciens (portefeuille d’actifs, frais, abondement éventuel des réserves) ;
- De garder à l’esprit la fiscalité et l’horizon de placement qui conditionnent l’importance d’un rendement nominal.
Tableau comparatif (illustratif des ordres de grandeur cités)
| Référence | Taux attendu 2026 (moyenne) |
|---|---|
| Taux moyen national anticipé | 2,9–3,0 % (avant prélèvements sociaux) |
| Contrats très performants (exemples cités) | 5–6 % |
| Contrats anciens peu commercialisés | 1,1–1,2 % |
En résumé, la dynamique des taux rend le contexte favorable pour les fonds en euros, mais la dispersion des rendements accroît l’importance de la vigilance : tous les contrats ne profiteront pas de la même manière de la remontée des taux et le recours aux réserves peut masquer des différences structurelles de performance.