Cadre incomplet, objectifs flous : l'urgence identifiée
Le département de la Construction de Hô Chi Minh‑Ville a transmis au ministère de la Construction un rapport pointant des lacunes réglementaires qui freinent la montée en puissance du parc locatif. La ville recense actuellement 72 581 logements locatifs de toute nature, dont 10 056 logements sociaux. Mais les autorités locales estiment ne pas disposer de données suffisantes pour calibrer précisément les besoins futurs et établir des cibles fiables.
Concrètement, le dossier souligne que la réglementation en vigueur privilégie le logement social et le logement commercial locatif, sans prévoir de mécanismes incitatifs pour mobiliser des fonds d'envergure destinés au logement locatif de longue durée. Faute de dispositifs financiers et juridiques adaptés, la ville craint de ne pas pouvoir répondre à la demande, notamment celle des travailleurs des zones industrielles.
Chiffres et cible : un cap fixé pour les travailleurs
Les autorités locales ont mené des estimations pour les besoins spécifiques des ouvriers et employés industriels. Sur la base des éléments disponibles, la ville a arrêté une cible initiale : 10 000 logements locatifs destinés aux travailleurs à construire entre 2026 et 2030. L'administration reconnaît toutefois que ce chiffre repose sur des enquêtes encore incomplètes et que des investigations sociologiques complémentaires sont nécessaires pour affiner l'évaluation.
- Stock actuel : 72 581 logements locatifs (tous types confondus)
- Logements sociaux : 10 056 unités
- Objectif 2026–2030 : 10 000 logements pour travailleurs
Propositions : classer les programmes en urgence et créer un fonds
Pour débloquer la situation, le département recommande au ministère d'engager des travaux d'étude et d'orientation afin que le gouvernement publie des mécanismes et politiques adaptés. Parmi les pistes avancées figure la proposition de considérer les projets de logement social et de logement locatif comme des projets urgents, ce qui permettrait de raccourcir délais d'instruction, d'accélérer les procédures foncières et d'ouvrir des leviers de financement publics ou hybrides.
| Élément | Chiffre |
|---|---|
| Logements locatifs recensés | 72 581 |
| Dont logements sociaux | 10 056 |
| Objectif pour travailleurs (2026–2030) | 10 000 |
Conséquences pour le marché et les ménages
Si le cadre juridique n'est pas précisé, la création d'un parc locatif suffisant risque de buter sur trois verrous : l'accès au foncier, l'absence d'incitations pour les investisseurs à long terme et l'insuffisance de sources de financement adaptées. Pour les ménages et les salariés, cela signifie des délais plus longs avant de voir se développer des offres accessibles en loyers mensuels maîtrisés. La mise en œuvre rapide des recommandations conditionnera la capacité de la métropole à absorber la demande liée à ses zones industrielles et à stabiliser les trajectoires résidentielles des salariés.
Voie à suivre
Le département de la Construction a demandé au ministère de conduire des études complémentaires et de conseiller le gouvernement sur des mesures réglementaires et financières. Sans calendrier clair de finalisation des mécanismes proposés, la transformation annoncée du parc locatif risque de rester inachevée. La clé sera de traduire les ambitions affichées — 10 000 logements pour travailleurs — en instruments opérationnels et en financements pérennes.