Un taux annuel stable mais des hausses mensuelles concentrées
Au Togo, l'inflation annuelle est restée à 0,1 % en juin 2026, pour le cinquième mois consécutif, d'après les données de l'Institut national de la statistique et des études économiques et démographiques (INSEED). Cette stabilité maintient le pays loin du plafond communautaire de 3 % fixé par l'UEMOA. Mais, derrière ce chiffre annuel faible, l'Indice harmonisé des prix à la consommation (IHPC) a progressé de 1,2 % entre mai et juin, passant de 105,0 à 106,2 points.
Des hausses concentrées qui pèsent sur le quotidien
La progression mensuelle s'explique principalement par des tensions sur les produits alimentaires et sur les coûts de transport. Sur un mois, les postes qui ont le plus contribué à la hausse sont :
- Alimentation et boissons non alcoolisées : +2,4 %
- Transports : +2,1 %
- Restaurants et hébergement : +1,1 %
- Logement et énergie : +0,5 %
Ces variations montrent que, même lorsque l'inflation annuelle est maîtrisée, des chocs saisonniers ou sectoriels peuvent peser fortement sur le pouvoir d'achat au jour le jour.
Produits vivriers et carburants : points chauds
L'INSEED note des augmentations marquées pour plusieurs denrées : l'igname affiche une hausse de 19,9 %, les tomates locales progressent de 30 à 35 % selon les variétés, le piment vert bondit de 49,9 % et l'oignon grimpe de 14 %. Côté énergie, le prix de l'essence augmente de 5,5 % et celui du gasoil de 6,5 %, avec des répercussions directes sur les frais de transport.
| Poste | Variation mensuelle |
|---|---|
| IHPC (mai → juin) | +1,2 % |
| Alimentation et boissons | +2,4 % |
| Transports | +2,1 % |
Une lecture annuelle plus modérée
En glissement annuel, la situation reste plus tempérée : les prix alimentaires reculent de 2,8 % sur un an, tandis que les hausses annuelles les plus marquées concernent le logement (+5,2 %), les transports (+4,0 %) et les services d'hébergement (+1,3 %). Ces chiffres traduisent une inflation basse sur douze mois, mais ils masquent des fluctuations mensuelles sensibles.
Conséquences pour le pouvoir d'achat
Pour les ménages togolais, la combinaison d'une inflation annuelle contenue et de hausses mensuelles sur des produits de première nécessité crée une situation contrastée : le coût de la vie peut rester globalement stable d'une année sur l'autre, tout en subissant des épisodes où le panier alimentaire et les dépenses de transport augmentent significativement. Les autorités attribuent la stabilité durable depuis fin 2024 à des mesures de régulation des prix, d'appui à la production agricole et de soutien au pouvoir d'achat, mais l'INSEED rappelle que l'offre agricole et les variations des carburants restent des déterminants majeurs de l'évolution des prix.
À court terme, les hausses saisonnières des vivres et la remontée des carburants risquent d'éroder le budget des ménages les plus vulnérables, notamment lorsque les prix de l'igname ou des tomates s'envolent de plusieurs dizaines de pourcents en quelques semaines.