Concurrence renforcée autour des supermarchés : quel impact sur votre porte-monnaie ?
Le géant canadien Empire, propriétaire notamment d'IGA et de Sobeys, a annoncé mardi un assouplissement de ses pratiques immobilières : l'entreprise s'engage à ne plus appliquer ni ajouter de clauses restrictives ni d'exclusivité sur ses propriétés, y compris celles déjà cédées. À l'échelle nationale, cette décision peut modifier la configuration concurrentielle dans les zones urbaines et rurales et, à terme, influer sur le budget alimentaire des ménages.
"Bien que ces mécanismes ne soient pas intrinsèquement anticoncurrentiels, nous reconnaissons l'attention accrue qu'ils suscitent et l'importance de veiller à ce qu'ils soient utilisés de manière appropriée",
La mesure répond à des pressions du Bureau de la concurrence, qui a mené une enquête sur l'utilisation de ces contrôles de propriété par Empire. Ce dernier rassemble, via ses différentes enseignes et franchisés, un réseau vaste : environ 1 600 magasins d'alimentation et plus de 350 stations-service, et réalise plus de 32 milliards CAD de ventes avec plus de 130 000 employés.
Concrètement, cessez d'imaginer des clauses qui empêchent tout concurrent d'ouvrir à proximité : Empire accepte désormais de lever ces barrières contractuelles. Pour un consommateur, cela peut signifier :
- plus d'enseignes en compétition sur un même quartier ;
- plus d'offres promotionnelles et de prix plus bas, au moins localement ;
- une meilleure diversité de l'offre (formats, produits locaux, commerces spécialisés).
Le Bureau de la concurrence a déjà pris des mesures ciblées au cours des dernières années pour limiter ces pratiques : enquêtes, ordonnances judiciaires et interventions locales. Son objectif affiché est d'empêcher que des clauses immobilières n'entravent l'ouverture ou l'expansion de nouveaux détaillants, ce qui peut, selon lui, rendre difficile, voire impossible l'installation de concurrents.
Calendrier des actions du régulateur
| Année | Action |
|---|---|
| Juin 2023 | Étude sur le secteur de l'épicerie |
| Juin 2024 | Ordonnances judiciaires à Halifax |
| Janvier 2025 | Mesures pour qu'Empire élimine un contrôle en Alberta |
| Juin 2026 | Obtention d'ordonnances judiciaires supplémentaires |
Le Bureau souligne toutefois qu'aucune conclusion n'a été tirée quant à l'existence d'un comportement répréhensible à ce stade. L'engagement public d'Empire vise donc autant à calmer les autorités qu'à assouplir la concurrence.
Pour un foyer, l'effet concret dépendra de la région et du profil du commerce qui viendra concurrencer : l'arrivée d'une enseigne à bas prix peut réduire les dépenses alimentaires mensuelles d'une famille, tandis qu'une offre plus spécialisée peut répondre à d'autres attentes (bio, produits locaux) sans forcément baisser la facture. Les bénéfices réels se mesureront au cours des prochains mois, lorsque des transactions immobilières et l'ouverture de nouveaux points de vente seront effectives.
Enfin, ce dossier illustre que le pouvoir d'achat se joue aussi sur l'organisation du marché et les règles contractuelles entre acteurs, pas seulement sur les promotions en rayon. L'action des autorités de la concurrence et la réaction des groupes comme Empire peuvent avoir des effets directs sur l'accès à l'offre et, à terme, sur les prix payés par les consommateurs.