Une campagne nationale pour rendre la vérification d'âge plus acceptée en magasin
La fédération de l’épicerie et du commerce de proximité (FECP) a annoncé le déploiement d’une campagne dans 5 000 magasins pour lutter contre la vente d’alcool aux mineurs et soutenir les équipes en première ligne. L’initiative, relayée mardi 21 juillet, mobilise des réseaux d’enseignes importants — dont Carrefour Proximité, Casino, Franprix, U Proximité France et Francap — et s’inscrit dans la continuité d’un constat alarmant : des tests menés en 2025 par l’association Addictions France ont montré que près de neuf commerces sur dix enfreignent la loi.
Concrètement, la campagne proposera des outils visibles pour les clients (autocollants en rayon et en caisse) et des supports destinés aux salariés pour les aider à gérer les situations sensibles. L’objectif affiché est double : renforcer le respect de l’interdiction et démontrer auprès du grand public que demander une pièce d’identité est une pratique normale, sans stigmatisation.
« Notre responsabilité est d'aider les équipes à appliquer sereinement une règle essentielle de protection des mineurs »,
indique Benoît Soury, président de la FECP, cité dans le dossier de presse. Virginie Grimault, déléguée générale de la fédération, précise que la campagne répond « à une demande forte » du terrain et vise notamment à « dédramatiser » l’exigence de la pièce d’identité, un geste qui peut parfois provoquer des tensions avec la clientèle.
Des outils pratiques pour des situations parfois délicates
Les dispositifs proposés comprennent :
- des affiches et autocollants visibles en rayon et à la caisse (mention « -18, ça passe pas ») ;
- un livret pédagogique destiné aux vendeurs, avec des « réponses concrètes » face aux objections courantes (achat pour autrui, prétexte de la cuisine, imminence de la majorité) ;
- un accompagnement des réseaux d’enseignes pour déployer la communication et former les équipes.
L’enjeu pour les établissements n’est pas seulement légal : il est aussi commercial et relationnel. Demander une carte d’identité peut provoquer un refus de vente et donc une déception immédiate du client, parfois une tension qui met le personnel dans une position délicate. La FECP cherche donc à donner des outils pour que ces refus se fassent avec des scripts et procédures clairs, protégeant à la fois le mineur et l’employé.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Magasins couverts par la campagne | 5 000 |
| Taux d'infraction observé lors des tests 2025 | Près de 90 % |
Pour un foyer ou un consommateur, cette campagne ne change pas immédiatement le prix des biens, mais elle peut modifier le quotidien : plus de contrôles à la caisse, un possible refus de vente et, pour le commerce, une organisation interne plus stricte. À l’échelle d’un point de vente, cela peut représenter la nécessité de former le personnel et d’afficher des messages visibles — des démarches qui demandent du temps et parfois quelques euros pour les supports, mais qui visent à réduire un risque légal et social plus lourd.
Enfin, l’action souligne un paradoxe : alors que la loi est simple et ancienne, son application l’est moins. Les auteurs de la campagne insistent donc sur l’importance d’un message public clair pour que demander la pièce d’identité devienne un réflexe accepté, et non un motif de conflit au quotidien.