Consommation à domicile : une baisse des volumes compensée par des hausses de prix
Selon une synthèse conjoncturelle publiée par Agreste, le service de statistiques du ministère de l'Agriculture, les Français ont acheté en 2025 0,8 % de viande de boucherie en moins pour leur consommation à domicile par rapport à 2024, tandis que le prix moyen d'achat augmente de 1,2 % (après +0,6 % en 2024). Ces évolutions traduisent des arbitrages budgétaires : la part des dépenses consacrée à l'alimentation à domicile reste majoritaire, mais elle est réorientée en fonction du prix et du pouvoir d'achat.
Agreste précise que ce recul concerne principalement la viande fraîche (hors produits élaborés) et les viandes congelées, alors que les produits élaborés et la charcuterie ont vu leurs quantités achetées légèrement progresser — malgré des mouvements de prix différenciés.
« Bien que la consommation de viande hors domicile se développe, les dépenses des ménages français restent fortement destinées aux achats pour leur consommation à domicile. »
Des différences marquées selon les espèces
La hausse des prix pèse de façon inégale. En 2025, les prix d'achat du veau, du bœuf et de l'agneau augmentent fortement, tandis que ceux du porc reculent. Dans ce contexte, les quantités achetées par les ménages diminuent pour les viandes bovines et ovines — familles déjà parmi les plus coûteuses — alors que le porc voit ses volumes augmenter. Parallèlement, les achats de volaille progressent légèrement, malgré une hausse du prix moyen : la volaille élaborée se vend mieux, tandis que la volaille fraîche marque le pas.
Ce que cela signifie pour le budget des foyers
Concrètement, pour un foyer qui consommerait habituellement 100 € de viandes de boucherie par mois, une hausse moyenne de 1,2 % se traduirait par une dépense supplémentaire d'environ 1,20 € si les volumes restaient constants. Mais la baisse des quantités achetées (-0,8 %) montre que de nombreux ménages ajustent leurs achats : privilégier le porc ou les produits élaborés, réduire les portions de bœuf et d'agneau, ou davantage recourir à la restauration hors domicile pour certains types de consommation.
- Prix moyens : +1,2 % en 2025 (après +0,6 % en 2024).
- Volumes totaux : -0,8 % en 2025 par rapport à 2024.
- Tendances par espèce : hausse des prix pour veau, bœuf, agneau ; recul pour le porc ; volaille en légère hausse de volumes.
Impacts sectoriels et perspectives
Pour les producteurs et la filière, ces signaux renvoient à des arbitrages entre prix et volumes : la demande se contracte pour les segments les plus chers, ce qui peut peser sur les revenus des éleveurs bovins et ovins si les volumes vendus continuent de baisser. À l'inverse, la demande pour le porc et certains produits élaborés pourrait soutenir ces marchés. Enfin, la croissance de la restauration hors domicile, évoquée par Agreste, reste un facteur à surveiller : elle peut absorber une part de la consommation de viande tout en modifiant la nature des achats alimentaires des ménages.
| Indicateur | Variation 2025 vs 2024 |
|---|---|
| Prix moyens des viandes de boucherie | +1,2 % |
| Volumes totaux achetés | -0,8 % |
| Prix 2024 (référence) | +0,6 % (hausse observée en 2024) |
Pour les ménages qui doivent adapter leur budget alimentaire, il s'agit d'un nouveau signal : face à des viandes plus chères, la substitution vers des produits moins onéreux (porc, préparations, charcuterie) ou la réduction des quantités est déjà effective. Sur le long terme, ces mouvements influenceront aussi l'offre et les stratégies tarifaires de la filière viande en France.