Un plaidoyer paru sur Kapitalis invite le chef de l’État tunisien à s’appuyer sur la Bourse de Tunis pour lancer l’introduction en Bourse des entreprises publiques en difficulté. L’idée centrale est double : utiliser la liquidité du marché boursier pour financer des restructurations et soumettre ces entreprises à la discipline du marché afin d’améliorer leur performance, tout en allégeant le poids de leurs déficits sur le budget de l’État.
Le diagnostic : une économie sous tension
L’article situe sa proposition dans un contexte macroéconomique tendu : forte inflation, chômage élevé, endettement notable et croissance faible. L’auteur rappelle que 105 entreprises publiques continuent de peser sur les comptes publics et suggère que leur ouverture au marché constituerait une opportunité de réforme structurelle sans recourir systématiquement aux bailleurs étrangers.
Les leviers chiffrés avancés
Plusieurs chiffres-clés sont avancés pour soutenir la thèse :
- 105 entreprises publiques ciblées pour une éventuelle introduction en Bourse ;
- 40% : part estimée de l’économie réelle représentée par le secteur informel ;
- 12 milliards de dinars : recettes fiscales potentielles mobilisables si l’économie informelle était formalisée ;
- 5 milliards de dinars : économie estimée possible sur les dépenses de subventions alimentaires et énergétiques en cas de révision ;
- 50% : part de la population réellement bénéficiaire des subventions selon l’article.
| Point | Chiffre cité |
|---|---|
| Entreprises publiques concernées | 105 |
| Part de l'économie informelle | 40% |
| Recettes fiscales potentielles | 12 milliards de dinars |
| Économies sur subventions | 5 milliards de dinars |
| Population réellement bénéficiaire des subventions | 50% |
Quels bénéfices ?
Selon l’auteur, l’introduction en Bourse pourrait permettre de :
- faire entrer des capitaux frais pour financer la modernisation et la restructuration ;
- instaurer une gouvernance plus transparente, sous la contrainte des investisseurs et des marchés ;
- réduire progressivement l’effort budgétaire lié aux pertes des entreprises publiques ;
- créer un canal d’investissement national, utile si les autorités privilégient une solution moins dépendante des prêts internationaux.
Les obstacles et risques
L’argumentation ne néglige pas les obstacles : la profondeur et la liquidité du marché tunisien, la qualité des bilans et des performances opérationnelles des entreprises publiques, ainsi que les résistances politiques et sociales à la privatisation partielle ou totale. La seule ouverture boursière ne suffira pas si elle n’est pas accompagnée de réformes juridiques, d’une amélioration de la gouvernance et d’un plan de redressement crédible pour chaque société.
Une proposition à cadrer
La proposition de recourir à la Bourse de Tunis illustre une voie d’action domestique pour mobiliser l’épargne nationale et déclencher des réformes. Elle remet au centre du débat la question de la transformation du parc public en actifs attractifs pour les investisseurs. Reste à savoir si les autorités accepteront de lancer simultanément les réformes nécessaires — fiscalité, ciblage des subventions, formalisation de l’économie informelle — afin que les gains potentiels avancés dans l’éditorial puissent effectivement se matérialiser.
Claire Fontaine
Journaliste, rubrique Économie