Un reflux marqué de l'inflation annuel en juin
L'Institut national de la statistique publie une inflexion nette : les prix à la consommation ont progressé de 1,8% sur un an en juin, contre 2,4% en mai. Cette décélération traduit principalement une détente des prix de l'énergie, mais elle s'appuie aussi sur un fléchissement des hausses dans l'alimentation, les services et les produits manufacturés.
Le rôle décisif de l'énergie
Parmi les composantes, l'énergie concentre l'essentiel du mouvement. Sur un an, sa hausse est retombée à 11,0% en juin après 16,6% en mai. Sur un mois, l'énergie chute de manière significative : -4,2%, portée notamment par les produits pétroliers qui baissent de 7,0% sur le mois. L'Insee relie en partie cette amélioration à un épisode diplomatique : mi-juin, un protocole d'accord entre l'Iran et les États-Unis avait fait reculer les cours du pétrole avant la reprise des tensions récentes.
Des composantes quotidiennes qui pèsent moins
La décélération n'est pas circonscrite à l'énergie. Les services ralentissent aussi, à +1,9% sur un an après +2,1% en mai, sous l'effet d'une moindre progression des prix des transports et des communications. L'alimentation poursuit son recul relatif, affichant +0,9% sur un an contre +1,1% en mai. Dans le même temps, les produits manufacturés voient leur prix s'accentuer dans la baisse : -1,1% sur un an après -0,6%, un mouvement auquel contribue un effet calendaire lié aux soldes (trois jours de soldes sont tombés cette année dans la période utilisée pour le calcul de l'inflation de juin, contre aucun en 2025).
Sur le mois : un recul des prix
En comparaison mensuelle, l'Insee enregistre une baisse des prix à la consommation de 0,3% en juin, après une hausse de 0,1% en mai. Cette contraction est légèrement plus nette que l'estimation provisoire publiée fin juin (-0,2%). Elle s'explique essentiellement par la forte baisse de l'énergie et par de légères diminutions des prix de l'alimentation et des biens manufacturés.
| Indice | Mai (sur an) | Juin (sur an) |
|---|---|---|
| Inflation (IPC) | 2,4% | 1,8% |
| Énergie | 16,6% | 11,0% |
| Services | 2,1% | 1,9% |
| Alimentation | 1,1% | 0,9% |
| Produits manufacturés | -0,6% | -1,1% |
Conséquences et perspectives
Ce ralentissement plaide pour un environnement d'inflation moins pressant à court terme, ce qui peut tempérer les anticipations de nouvelles hausses de taux de la part des banques centrales. Pour les ménages, la moindre progression des prix de l'énergie et de l'alimentation soulage le pouvoir d'achat, même si la facture énergétique reste supérieure à son niveau d'avant crise. Les variations mensuelles montrent aussi la fragilité de la trajectoire : une reprise des tensions géopolitiques ou un choc sur l'offre pourrait rapidement inverser la tendance.
Points à suivre
- Évolution des cours du pétrole et stabilité géopolitique au Proche-Orient.
- Tendance des prix des services, notamment transports et communications.
- Effets de calendrier (soldes) sur les mois à venir et comparaisons annuelles).
En synthèse, l'Insee constate en juin un net ralentissement de l'inflation à 1,8% sur un an, porté par le reflux des prix de l'énergie et par un moindre dynamisme des prix alimentaires et manufacturiers. Reste à voir si cette accalmie se confirme dans les prochains mois, en fonction des évolutions des marchés internationaux et des dépenses des ménages.