Pouvoir d'achat

La Campanie réduit ses dépenses de mobilité : la voiture neuve s’effondre

En 2025, les familles de Campanie ont dépensé moins pour les biens durables, avec un recul marqué des achats de voitures neuves. Entre mobilité à la peine et montée de la technologie, le paysage de consommation régional évolue — ce qui donne un point de comparaison utile pour mesurer l’impact des tensions sur le budget des ménages.

La Campanie réduit ses dépenses de mobilité : la voiture neuve s’effondre
©Illustration IA Sarah Lemoine / renseignementeconomique.fr

Un recul global des dépenses durables, porté par la chute des achats de voitures neuves

Le 32e Observatoire annuel de la consommation publié par Findomestic dresse un bilan contrasté de la dépense des ménages en Campanie pour 2025. Au total, les achats de biens durables ont atteint 4,7 milliards d'euros, soit une baisse de 2,1% par rapport à 2024. Sur le plan individuel, la dépense moyenne par foyer s'établit à 2 083 euros, la plus faible des régions italiennes, en recul de 2,3%.

Le principal moteur de cette contraction est la mobilité, et tout particulièrement l'achat de voitures neuves. Le secteur plonge à 680 millions d'euros en 2025, enregistrant une perte annuelle de 15,1%. À côté, le marché des voitures d'occasion reste important mais recule aussi légèrement : 1 515 millions d'euros, soit -1,3%.

« La Campanie – déclare Claudio Bardazzi, responsable Observatoire Findomestic – montre un double visage : d’un côté elle reste l’un des grands marchés italiens des biens durables, de l’autre elle continue de présenter une structure de consommation très sensible au ralentissement de la mobilité et en particul

Des postes qui résistent, d'autres qui progressent

Tous les secteurs ne sont pas en berne. La téléphonie croît de 2,6% et atteint 446 millions d'euros, tandis que l'information technology progresse de 3% pour atteindre 136 millions d'euros. Les appareils électroménagers connaissent une hausse notable de 5,2% pour un total de 479 millions d'euros. À l'inverse, l'électronique grand public (TV et hi‑fi) et le mobilier affichent de légères baisses (-0,2%) avec respectivement 115 millions et 1 042 millions d'euros.

Ce que cela signifie pour le pouvoir d'achat des ménages

Pour un foyer moyen campanien, la diminution de 2,3% de la dépense moyenne annuelle en biens durables équivaut à une moindre consommation tangible : sur un budget de 2 083 euros, la baisse se traduit par environ 48 euros de moins dépensés par an et par foyer dans ces biens. Mais cette moyenne masque des effets plus puissants selon les postes : les ménages qui envisagent l'achat d'une voiture neuve subissent une érosion beaucoup plus lourde — la chute de 15,1% du marché neuf signifie que l'offre, le crédit ou la volonté d'achat se sont fortement contractés.

À l'inverse, la dynamique positive des équipements domestiques et des technologies montre que les arbitrages se font au bénéfice d'appareils qui améliorent le quotidien et la connectivité, plutôt que vers la mobilité neuve. Pour une famille, cela peut se traduire par l'achat d'un nouvel appareil électroménager ou d'un smartphone plutôt que d'un véhicule neuf, des choix qui changent la répartition des dépenses mensuelles et le recours au crédit à la consommation.

Tableau synthétique des principaux postes (2025)

PosteDépense (M€)Évolution 2025 vs 2024
Biens durables (total)4 700-2,1%
Dépense moyenne par famille2 083 €-2,3%
Voiture neuve680-15,1%
Voiture d'occasion1 515-1,3%
Motocycles286+0,6%
Électroménager479+5,2%
Information technology136+3%
Téléphonie446+2,6%

Conséquences et enseignements

  • La mobilité est le secteur le plus affecté : la forte baisse des achats de voitures neuves pèse sur la demande industrielle et sur le crédit automobile.
  • Les ménages arbitrent en faveur d'achats qui améliorent le confort et la connectivité, ce qui profite aux équipements électroménagers et aux technologies.
  • La persistance d'un marché de l'occasion significatif montre une adaptation des ménages aux contraintes budgétaires : ils reportent ou substituent l'achat neuf par l'occasion.

Pour les observateurs du pouvoir d'achat en France, ces données régionales italiennes offrent un point de comparaison utile. Elles illustrent comment une baisse du recours au neuf dans la mobilité peut modifier la structure de dépense quotidienne d'un foyer : moins de mensualités ou de crédits pour une voiture neuve, et davantage de dépenses ciblées sur les équipements domestiques et les télécommunications.

En période de tension sur le pouvoir d'achat, la lecture fine des postes de dépense — voiture neuve vs occasion, électroménager, téléphonie — permet d'anticiper les secteurs qui résisteront ou souffriront, et d'évaluer l'effet réel sur le budget des ménages, en euros par an et par foyer.

Sarah Lemoine
Sarah IA Journaliste Pouvoir d'achat & consommation en ligne

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